Avis négatif pour le centre de stockage des déchets nucléaires à Tihange

Avis négatif pour le centre de stockage des déchets nucléaires à Tihange
Avis négatif pour le centre de stockage des déchets nucléaires à Tihange - © ERIC LALMAND - BELGA

L'administration wallonne de l'urbanisme a rendu un avis négatif dans le dossier du nouveau centre de stockage de déchets nucléaires à Tihange, a confirmé vendredi le cabinet du ministre régional de l'Aménagement du territoire, Willy Borsus (MR), à la suite d'une information parue dans le journal 'La Libre Belgique'. Engie Electrabel, exploitant de la centrale hutoise, qui avait introduit le permis, a pris acte de la décision et va analyser tous les éléments de cet avis en vue d'introduire une procédure de recours, a indiqué une porte-parole.

Après avoir été désactivé, le combustible nucléaire est transféré dans un bâtiment d'entreposage temporaire. Or ce bâtiment arrivera à saturation en 2022, tant à la centrale de Doel qu'à Tihange.

Engie Electrabel a déposé une demande de permis d'urbanisme auprès de l'administration wallonne en vue de construire un nouveau bâtiment d'entreposage. Une enquête publique a été menée. Sur les neuf communes consultées, quatre ont remis un avis défavorable: Verlaine, Engis, Nandrin et Amay.

Les motivations du refus wallon n'étaient pas encore connues vendredi. La consultation publique avait toutefois fait apparaître plusieurs griefs à l'égard du projet présenté, rappelle Ecolo, adversaire du projet, dans un communiqué: un entrepôt sur-dimensionné (120 conteneurs, soit le double du nécessaire pour stocker l'uranium irradié jusqu'en 2025), incertain dans la durée (au moins 80 ans, soit bien au-delà du démantèlement de la centrale), ainsi qu'une absence de sécurisation suffisante par rapport au risque de chute d'avions gros porteurs.

Les députés écologistes Samuel Cogolati et Rodrigue Demeuse se sont réjouis de cette information. "Cela montre que la mobilisation des citoyens et des communes voisines a été entendue par la Région wallonne et qu'elle a payé", ont-ils souligné dans un communiqué.

Deux procédures sont actuellement en cours, l'une devant la Région wallonne pour le permis d'urbanisme, l'autre à l'échelon fédéral, où se trouve la compétence de la sécurité nucléaire, en vue d'obtenir un arrêté royal d'autorisation.

Le projet est d'importance non seulement pour l'exploitation des centrales mais également en vue de leur démantèlement puisqu'en vertu d'une loi, leur activité s'arrêtera en 2025. Une décision politique est toujours attendue sur la méthode de stockage définitif de ces déchets hautement radioactifs. Il est question d'un enfouissement à 200 mètres dans le sol argileux de Mol mais d'autres scénarios sont à l'étude. Quel que soit le scénario retenu, sa mise en œuvre prendra des décennies et, en attendant, une capacité d'entreposage suffisante sera nécessaire.

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