"Avec ce saut d'index, le salarié moyen perdra 500 euros chaque année!"

"Je parle de 'massacre de la classe moyenne', parce que les mesures qui sont connues à ce stade et en général on ne commence pas par le pire, touche directement les familles et les classes moyennes. Par exemple 'la rage taxatoire' et les trois milliards d’euros en plus annoncés en recettes". D'entrée de jeu, le chef de file des humanistes dégaine deux formules choc pour attaquer la coalition suédoise à la gorge. Il ne desserrera pas les dents de tout l'entretien accordé ce matin à Bertrand Henne.

Pour justifier ces expressions radicales, le Bastognais souligne plusieurs mesures parmi celles annoncées par le gouvernement fédéral en fin de gestation. 

"Une augmentation de la TVA qui touche le pouvoir d’achat, le relèvement des accises, notamment sur le Diesel. On touche directement la classe moyenne et les familles. Et on les touche durement. Je trouve cela particulièrement affligeant parce que ces familles ont besoin de signaux clairs pour être en confiance et investir. Et sans doute, il y aura encore une augmentation de l’épargne parce que tout le monde va être dans l’inquiétude", prédit-il.

"Saut d’index 'intelligent'? Ils n’allaient pas annoncer un 'saut d’index bête et stupide'"

Alors que lui se targue par contre d'avoir fait tout le contraire aux niveaux des régions wallonne et bruxelloise et d'avoir respecté son engagement de ne créer aucune taxe ni impôt nouveau, il dénonce une autre mesure qui fera mal aux classes moyennes et aux travailleurs d'après lui: le saut d'index dit "intelligent"

"C’est la première fois qu’on parle de 'saut d’index intelligent', ils n’allaient pas annoncer un 'saut d’index bête et stupide'. Reste que ce saut d’index cela veut dire que chaque année -car cela se passe une fois mais cela a des conséquences pour toute la vie-, les salaires moyens perdront annuellement 500€!", avance-t-il tout de go bien que rien de précis au niveau chiffré n'ait encore été communiqué et que tout calcul à ce stade semble encore pour le moins hypothétique.

Et tout cela alors que la réforme fiscale annoncée n'a pas eu lieu souligne le centriste. Outre la "rage taxatoire", ce dernier dénonce un double écueil au niveau de la politique fiscale annoncée par la suédoise. "Il n’y a pas la grande réforme fiscale annoncée. J’avais demandé à l’époque à M. De Wever une baisse des charges fiscales sur le travail, de donner plus à ceux qui travaillent aujourd’hui, ce ne sera pas le cas. Et de ne pas donner des cadeaux fiscaux aux employeurs sans contrepartie et d’engagements en termes d’emploi, or c’est bien ce qui s’est passé", pointe le patron de la rue des deux Eglises.

"Mais qu'ils baissent plutôt les intérêts notionnels, cela représente six milliards"

Pour éviter de devoir mettre le contribuable à contribution, Benoit Lutgen avance une piste de solution pour le fédéral. Il prévoit d'ailleurs de défendre cette idée au parlement, là où son parti jouera son rôle d'opposition. 

"On va se battre à la Chambre pour dire au gouvernement: au lieu d’instaurer toutes ces taxes nouvelles, mais qu'ils diminuent les intérêts notionnels", propose simplement "L'Acteur" de ce jeudi.

"Le maintien des intérêts notionnels cela représente six milliards d’euros dont uniquement 10% des entreprises wallonnes profitent, c’est d’ailleurs pour cela que Bart De Wever m’avait dit qu’il considérait que toucher à cette mesure cela relevait du communautaire", a confié le bourgmestre de Bastogne sur nos antennes.

Un gouvernement "de droite décomplexée" et de "renoncement"

Le qualificatif de centre-droit ne s'applique pas à la coalition suédoise estime notre invité. C’est bien un gouvernement qui se définit lui-même comme de droite qui s’assume comme tel, de manière décomplexée, constate Benoit Lutgen. Jusque là rien de répréhensible dans l'esprit du président des humanistes. 

Ce qui l'est par contre à ses yeux, "ce sont les renoncements", et en particulier ceux du MR. D'après l'Ardennais, les électeurs MR se sont faits "roulés trois fois". Une première fois par rapport à la N-VA, avec qui le MR avait juré à plusieurs reprises qu'il ne s'allierait jamais. Une deuxième fois par rapport aux classes moyennes et "à toutes les taxes nouvelles, alors que l’engagement était pris de ne pas venir avec des taxes nouvelles". Et une troisième fois au niveau "du saut d’index alors que le MR une nouvelle fois, la main sur le cœur, avait dit 'pas question de saut d’index'".

"Mais il ne faut pas en être surpris", précise-t-il immédiatement, car d'après lui toutes ces mesures étaient implicites dans la note de Bart De Wever. Celle que lui, justement, a refusée, souligne-t-il.

@julienvlass

 

 

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