Aux Nations-Unies, le roi Philippe appelle à "mieux protéger les enfants pour rendre possible une paix durable"

Les Nations Unies doivent faire "beaucoup mieux" pour protéger les enfants dans les conflits armés, a déclaré ce mercredi le roi Philippe à la tribune du Conseil de sécurité. Les sauver est une condition pour parvenir à une paix durable dans les zones touchées par des hostilités, a-t-il insisté.

Le souverain a débuté son discours - le deuxième à l'ONU près de deux ans après celui devant l'Assemblée générale - en rappelant qu'il y a trente ans, en septembre 1990, son oncle le roi Baudouin avait pris la parole à cette même tribune à l'occasion de l'entrée en vigueur de la convention relative aux droits de l'enfant.

"Depuis lors, la Belgique a fait de la protection des enfants une priorité constante de sa politique étrangère", alors que "le sujet reste d'une actualité brûlante alors que les tensions géopolitiques sont à leur comble depuis le début du siècle".

"Aujourd'hui, un enfant sur cinq dans le monde subit l'impact négatif d'un conflit armé", un chiffre déjà souligné par le secrétaire général Antonio Guterres en ouverture de la séance et "qui ne peut nous laisser indifférents", a poursuivi le roi Philippe. "Sauver ces enfants requiert une volonté politique permanente (...) C'est en les écoutant, en reconnaissant leurs souffrances et en les réintégrant dans la société que nous briserons le cycle de la violence et rendrons possible la paix durable."

"Trop souvent, le sort des enfants reste négligé"

"Trop souvent, le sort des enfants reste négligé", a encore déploré le souverain. "Leurs voix, droits et besoins ne sont guère pris en compte. Nous devons faire beaucoup mieux. Il en va de l'avenir des sociétés affectées par des hostilités." Un accord visant à protéger les enfants peut, en outre, "servir de tremplin et de catalyseur pour des accords plus larges", a-t-il fait remarquer.

Le roi Philippe a rappelé le "profond attachement" du Royaume au multilatéralisme et à l'Organisation des Nations Unies, qui se traduit notamment par la participation de soldats belges aux opérations de maintien de la paix et dans son "investissement au sein de tous les organes onusiens, dont le Conseil de sécurité" qu'il préside durant ce mois de février.

"L'année 2019 a marqué la fin d'une décennie très difficile pour les enfants dans les zones de conflit. A nous d'agir - loyalement et concrètement - pour que l'année 2020 soit le début d'une décennie d'espoir pour tous les enfants", a conclu le souverain.

La Belgique siège au Conseil de sécurité depuis 2019, et depuis le début du mois de février 2020, elle en est la présidente. Le ministre belge des Affaires Étrangères Philippe Goffin a accueilli, sous la pluie, lundi soir le roi Philippe et la reine Mathilde, présents durant deux jours.


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Le roi Philippe et la reine Mathilde accueillis à New York par Philippe Goffin, ce lundi 10 février © BELGA Images

La présence du couple royal a pour objectif de souligner l’importance de la diplomatie multilatérale dans la résolution de ce genre de conflits. Selon le directeur Communication et Médias du palais, le Roi est convaincu que "c’est la meilleure approche pour que les relations entre les nations soient les plus harmonieuses ou les moins conflictuelles possible".

Le cas des enfants-soldats : une priorité pour la présidence belge

Notre pays est directement concerné puisque des dizaines d’enfants belges se trouvent toujours sur le sol syrien et doivent être rapatriés. La Belgique ayant signé la Convention de Genève sur la protection des droits de l’enfant, le royaume se doit de mettre en place le retour de ces enfants. Certains vivent à l’heure actuelle dans des conditions déplorables, accompagnés de leurs mères ou orphelins. Le gouvernement, à travers la voix de Philippe Goffin, a déclaré avoir la ferme intention de rapatrier ces 42 enfants, et ce, malgré des opérations délicates.

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