Austérité: en Belgique la culture va perdre 16% de ses moyens

Austérité: en Belgique la culture va perdre 16% de ses moyens
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Austérité: en Belgique la culture va perdre 16% de ses moyens - © GEORGES GOBET - IMAGEGLOBE

Les établissements scientifiques fédéraux savent maintenant à quelle sauce ils vont être mangés. La cure d'austérité avait été annoncée par le gouvernement Michel. On connaît désormais les chiffres par institution. Et le secteur culturel est particulièrement touché.

Les Musées royaux des Beaux-Arts et la Bibliothèque royale voient leur dotation baisser de près de 20% entre 2014 et 2019 (18,1% et 19,3%). Le Musée Royal de l'Afrique Centrale (-15%), le Ceges (-9,7%), l’Institut du patrimoine artistique (-15,8%), les Archives de l’Etat (-16,6%), et les Musées royaux d’art et d’histoire (-15,8%) sont aussi concernés. Cela c'est pour les frais de fonctionnement, il faut aussi compter les coupes dans le personnel, et dans les investissements.

Au Musée royal de l’Afrique centrale : un vaste chantier, et après ?

Pour mieux se rendre compte de la situation, prenons un exemple concret : le Musée Royal de l'Afrique Centrale. Pour l’instant fermé au public, c’est un vaste chantier que présente fièrement son directeur, Guido Gryseels : " Là, vous voyez le pavillon d'accueil avec le magasin, le restaurant, les informations touristiques,… " Il n'y a encore que quelques murs de béton mais Guido Gryseels s'y voit déjà : " On sera le plus beau musée au monde sur l'Afrique, ça ne fait aucun doute ! "

Et pourtant, son enthousiasme se double de sérieuses craintes : " On va passer de 6.000 m2 vers 11.000 m2. On a fait les plans et le business plan en 2006, quand il n'y avait pas encore de crise économique donc les frais d'opération vont augmenter de 30%. " Et finalement, pour sa réouverture en 2017, avec toutes les coupes, le budget du musée aura diminué de plus de 20%. Alors il faudra faire des choix.

Els Cornelissen le sait. Chef du département d’Anthropologie culturelle et d’Histoire, elle est notamment en charge de la collection ethnographique qui comprend les fameux masques : " On a des collections qui sont quand même assez larges et variées. Il y a une époque où chaque collection avait son conservateur, son scientifique pour s'en occuper. Maintenant il faut se fixer des priorités et il y aura certainement des collections qui deviendront entièrement dormantes."

Le directeur, lui, confie que les expositions ont déjà perdu de leur magnificence : " Au lieu d'un beau catalogue, on fait un petit livre ; on fait beaucoup moins d'éclairage ; il n’y a plus de vitrine, on utilise celles qu'on a… Donc ce sont encore de belles expositions mais ce ne sont plus des expositions de grande envergure pour le grand public qu’on avait avant. "

Alors Guido Gryseels affûte ses arguments pour défendre son musée. Il rappelle notamment que c'est bien souvent la première image de l'Afrique qu'ont les enfants belges.

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