Attentats de Paris: la Sûreté savait que des djihadistes cherchaient des armes

Paris: les renseignements savaient que des djihadistes cherchaient des armes
Paris: les renseignements savaient que des djihadistes cherchaient des armes - © LIONEL BONAVENTURE - AFP

La Sûreté de l'Etat a réagi suite aux informations parues ce 26 janvier 2016. En avril 2012, une note de la Sûreté de l'Etat indiquant que certains extrémistes aujourd'hui soupçonnés d'être liés aux attentats de Paris cherchaient à se procurer des armes a été transmise au parquet fédéral. Ces extrémistes avaient ensuite pu voyager librement en Syrie. L'information a été dans un premier temps relayée par La Dernière Heure, Het Laatste Nieuws et De Morgen.

Une lettre en avait informé le parquet fédéral le 11 avril 2012. Elle faisait état d'activités suspectes dans l'appartement bruxellois d'un certain Gelel Attar, le Belge d'origine marocaine arrêté à Casablanca le 15 janvier et soupçonné d'être lié aux attentats de Paris: "Ce dossier avait notamment abouti, le 29 juillet 2015, à la condamnation à 12 ans de prison du recruteur Khalid Zerkani, un personnage clé dans le recrutement de jeunes pour la Syrie".

Mais à l'époque, le contexte était bien différent: "Il n'était pas encore question des départs massifs vers la Syrie ni de l'ampleur de l'Etat Islamique (EI) connue actuellement. Les départs observés à l'époque concernaient principalement la Somalie", explique la Sûreté dans un communiqué. 

Un appartement comme lieu de rendez-vous

Selon les informations relayées dans la presse, des extrémistes se retrouvaient régulièrement dans cet appartement pour planifier une lutte armée contre la démocratie occidentale. Pendant leurs réunions, il était question de la manière de mettre la main sur des armes de guerre et des explosifs.

La Sûreté confirme le lien entre Gelel Attar, qui avait voyagé en Syrie avec Chakib Akrouh. Ce dernier s'est fait exploser dans l'appartement de Saint-Denis, et officiait à l'époque comme bras droit de Khalid Zerkani. Il aurait notamment recruté au moins deux auteurs présumés des attentats de Paris, dont Abdelhamid Abaaoud. L'une de ces recrues aurait par ailleurs pu revenir cinq fois de Syrie avant d'être interceptée. Mais pour la Sûreté, "On ne peut pas, sur base d'informations propres, établir de lien avec les attentats du 13 novembre 2015 à Paris".

Si le service de renseignement considère avoir fait son travail à l'époque en "partageant des informations importantes avec leurs partenaires et les autorités compétentes que ce soit les autorités policières ou politiques", la Sûreté explique aussi être limitée par les ses moyens: "A ce jour, les services ne disposent pas encore de tous les dispositifs qui permettraient un suivi plus efficace de ceux-ci, notamment au niveau international (PNR, etc)".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK