Attentats de Bruxelles : les victimes représentées devant la chambre du conseil, étape importante avant le procès

Quatre ans après les attentats du 22 mars 2016, une étape importante dans la procédure commence aujourd'hui et se prolongera jusqu'au 18 décembre. Elle permettra de donner une orientation décisive au dossier pour le futur procès. Les attentats de mars 2016 ont entraîné la mort de 32 personnes et en ont blessé 340 autres. 

Sur les 16 inculpés poursuivis pour assassinats, tentatives d'assassinats dans un contexte terroriste et participation à une organisation terroriste, l'accusation réclame le renvoi de huit inculpés aux assises (l'un d'eux est présumé mort) et deux inculpés devant le tribunal correctionnel. Pour les trois qui sont morts en se faisant exploser l'action publique est éteinte. Et pour trois autres inculpés, au terme de l'enquête, l'accusation requiert un non-lieu, faute d'éléments pour les renvoyer devant un juge du fond.  

Victimes, inculpés, ministère public, tous débattront ces prochains jours des conclusions de l'enquête ensuite les magistrats de la chambre du conseil décideront de renvoyer ou non certains inculpés devant la Cour d'assises ou devant le tribunal correctionnel. 

Pour les victimes constituées parties civiles, plusieurs centaines, les blessures physiques et morales sont toujours bien présentes. Elles viendront réclamer justice par la voix de leurs avocats.

Difficile d'y croire, ce matin-là, il se dirige comme à son habitude vers le métro 

Parmi celles-ci pour la première fois, Christian Manzanza qui nous livre le récit de " son 22 mars "  à la station Maalbeek, lui qui se considère comme un survivant, la plupart de ceux se trouvant à ses cotés dans la rame ayant perdu la vie.

Ce matin-là, comme tous les autres, malgré l'actualité il se rend au travail en métro. Peu avant son départ de la maison, il vient d'apprendre l'attentat à Zaventem  mais comme pas mal de belges, il a difficile à y croire, aussi décide t-il de ne rien changer à ses habitudes, il se dirige vers le métro tout en consultant régulièrement son smartphone.

Durant le trajet de la station Thieffry vers Arts-loi, il scrute les premières photos qui tournent sur les réseaux :  " Je reconnais alors un joueur de basket, Sébastien Belin, contre qui j'ai joué plusieurs fois mais j'ai un peu du mal à vraiment bien le reconnaître... ".

Au moment où Khalid El Bakraoui s'apprête à se faire exploser 

La rame entre à cet instant à la station Maelbeek et il ne peut imaginer qu'à quatre mètres de lui, Khalid El Bakraoui s'apprête à se faire exploser : " J'ai pas entendu l'explosion, j'ai eu directement des acouphènes et on se sent projeter, le temps semble ensuite long, j'ai pu me faire la réflexion de nombreuses fois, pourquoi j'ai pris ce métro? ".

Christian restera inconscient plusieurs minutes sur le sol de la rame avant de se rendre compte de ce qui lui est arrivé. Autour de lui, fumée, l'odeur du brûlé, des corps et des membres épars. Christian Mazanza parviendra à s'en dégager puis en titubant à se diriger vers la sortie de la station.

Malgré une prise en charge rapide, ses brûlures aux visages ne seront pas jugées assez graves pour rester hospitalisé. Durant les jours les plus difficiles, les premiers après l'attentat, il ne recevra aucune assistance... C'est donc seul qu'il ira de pharmacie de garde en pharmacie de garde pour obtenir les indispensables pansements et médicaments...

Mutualiser sa défense pour pouvoir suivre jusqu'au bout 

Aujourd'hui Christian Mazanza a mutualisé sa défense avec l'association "Life for Brussels".  Il consulte régulièrement le dossier et compte bien assister à certaines audiences mais il ne pourra pas se libérer professionnellement à chaque fois : " il faudra que je puisse dégager des plages horaires pour participer à certaines sessions à mon avis,  je ne pourrai pas être là toujours et m'engager à 100% dedans dès lors je vais déléguer que ce soit à ma soeur qui est avocate ou à l'association qui m'a soutenu jusqu'à présent ". 

Suivre une procédure comme celle-là suppose un important appui juridique. Beaucoup de victimes ont mutualisé leur défense.

Pour Me Valérie Gérard, avocate, c'est une formule qui permet de concilier efficacité et faible coût pour chacun : " Quatre cents heures de prestation pour un dossier comme celui-là c'est assez fréquent, et cela revient par exemple à 40.000 euros à raison de 100 euros de l'heure mais à quatre cents euros si vous avez au moins 100 clients comme c'est souvent le cas dans une association de défense ".  

La procédure est déjà longue et loin d'être terminée. Le procès aura lieu si tout se passe comme prévu en 2022 et devrait durer plusieurs mois. 

 

 

Attentats de Bruxelles : des victimes dans l'attente (JT du 06/12/2020)

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