Attaques, populisme et "fake news": séance chahutée à la Chambre ce mardi

On s’en doutait, après les déclarations des uns et des autres ces derniers jours et avec l’échéance toute proche des élections communales, la déclaration de l’opposition en séance de la Chambre ce matin allait être salée !

Et ce fut exactement cela.

Elio Di Rupo, qui prenait la parole au nom de l’opposition, avait fait savoir dès le départ qu’il ne répondrait pas aux interpellations, crispant la majorité dès les premières minutes de la séance.

L’homme aux mille interruptions

Croissance, emploi, concertation sociale, politique énergétique, pouvoir d’achat et services publics… Tous les thèmes ont été abordés par Elio Di Rupo.

Mais cela a pris du temps, beaucoup de temps. Il faut dire que le président du Parti Socialiste a été interrompu de nombreuses, de très nombreuses fois…

Une séance chahutée donc pour le président de la Chambre Siegfried Bracke, fort occupé à faire taire les uns et les autres…

Il aura fallu près d’une heure trente à Elio Di Rupo pour finir son discours.

"Fact Checking" vs "Fake News"

Dans sa déclaration gouvernementale de ce lundi, le premier Ministre annonçait que le gouvernement allait mettre en place des moyens supplémentaires pour contrer les fake news… Dans les rangs de la majorité, le ton était donné : tout a donc  été "fact checké": "Croissance économique en berne" dit Elio Di Rupo, "FAKE NEWS !" lui rétorque le gouvernement, chiffres à la clé…. Même débat sur la concertation sociale, les soins de santé.

Majorité et opposition se livrent une bataille rangée entre "qui dit la vérité" et "qui ment"... Classique.  

Populisme et attaques ad hominem

Et puis, au milieu du chahut et des " Hé OH ! Allez ! "… Il y a les termes plus forts, les attaques presque ad hominem.

Certains dossiers ont plus crispé les discussions : l’IVG et la politique énergétique notamment… Mais pas seulement.

Le ton monte très rapidement…

Richard Miller, député fédéral MR, s’énerve lorsque Elio Di Rupo ne veut pas répondre à l’une de ses interpellations : "J’ai le droit de poser une question ! Je ne suis pas au conseil communal de Mons hein !" Applaudissements de la majorité, huées des socialistes…

Charles Michel n’était pas en reste.

Le premier ministre a souvent interrompu Elio Di Rupo pendant son discours, le taclant au passage sur une déclaration que le président socialiste avait faite dans la presse il y a quelques jours : "Vous énoncez des contre-vérités factuelles. Quand on veut faire la leçon, c’est bien de montrer que là où l’on travaille depuis des décennies, c’est bien de montrer que cela fonctionne, que cela marche. Au niveau belge le taux d’emploi approche les 70%, à Mons il stagne à 50 %. Qu’est ce que j’observe ? A Mons, le précompte immobilier a augmenté, c’est un choc dur pour les classes moyennes. Vous avez déclaré ces derniers jours Monsieur Di Rupo qu’il n’y avait pas une once de populisme chez vous… C’est vrai, il y a chez vous, une tonne de populisme."

Sur le débat à propos de l’emploi, Charles Michel lance à l’opposition : " Avec nous c’est 219.000 emplois supplémentaires, avec vous c’était des dizaines de milliers en moins… Ça ce sont les faits !"

Elio Di Rupo, Raoul Hedebouw, même combat?

Dans sa conclusion, Elio Di Rupo dresse un portrait au vitriol de la législature du gouvernement Michel : "Je crois que votre gouvernement manque de vision. En mai prochain, nous aurons perdu une législature complète. Cinq ans de perdu dans la transition énergétique… Au bilan socio-économique négatif, s’ajoutent les attaques contre les libertés et les droits fondamentaux. Parmi celles-ci, la rocambolesque aventure de la dépénalisation de l’IVG, les visites domiciliaires, la collaboration de votre gouvernement avec le gouvernement soudanais, les relents racistes d’un membre de votre gouvernement…"

Cette déclaration provoque une nouvelle interruption du Premier Ministre qui lance alors à Elio Di Rupo : "Il y a une addition de contre-vérités depuis le début de ce discours… Raoul Hedebouw sort de ce corps !"

Elio Di Rupo, comme pour les autres interruptions, ne répondra rien. Il terminera juste par "Il est urgent qu’un autre gouvernement prenne les rênes de ce pays"…

Bref, une séance à la Chambre qui annonce des débats houleux pour les législatives de mai prochain…

Les débats se poursuivent sur le nucléaire.

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