Assurance autonomie: pour Pierre-Yves Dermagne, "il faut tenir compte des revenus des Wallons"

Pierre Yves Dermagne, chef de file des socialistes au parlement wallon était l'invité de la Première jeudi matin. 

Les récents propos de Théo Francken (N-VA), secrétaire d'Etat à l'asile et à la migration, ont fait polémique mardi. Il s'est exprimé sur l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, et s'est prononcé en faveur du renvoi des bateaux de migrants qui tentent de rejoindre les côtes européennes. 

En réaction, l'opposition demande sa démission. Un avis partagé par Pierre-Yves Dermagne, "mais comme on l’a vu depuis quelques mois, années, elle n’interviendra pas."

Selon lui, Théo Francken doit venir s’expliquer par rapport "aux propos écœurants" qu’il a tenu. "C’est purement et simplement rejeter en mer des femmes, des hommes, des enfants et donc, les laisser mourir. Je pense que, pour celui qui plaide ça, qui est d’accord avec ça, c’est se rendre complice de leur mort. Je suis outré qu’un membre du gouvernement de mon pays dise que l’on peut s’asseoir demain sur des éléments fondamentaux."

"Trumpisation de la N-VA et Francken"

Le chef de file socialiste précise qu'il s'agit d'une "stratégie perverse de communication de la part de Francken et de la N-VA, qui impose son unique thème de rejet de l’étranger."

La N-VA affirme, de son côté, que la gauche ne veut pas se positionner dans cette politique migratoire et qu’elle prône l’ouverture des frontières. Ce qui est, selon Pierre Yves Dermagne, "une fake news". "On a encore un discours 'Trumpiste' de la part de la N-VA et Théo Francken."

Le Premier ministre Charles Michel dénonce cette "trumpisation" lui aussi, mais de la politique des partis de gauche. "Je pense qu’il y a un côté 'syndrome de Stockholm'. S’il y a bien un homme en Belgique qui utilise la stratégie de Trump, de par ses outrances, dérapages contrôlés et Tweets, c’est bien Francken."

Cette idée de "push back", de renvoyer les migrants vers leur pays, a pourtant été épinglée il y a deux ans par un président socialiste, John Crombez. Des propos que Dermagne condamne "de manière très claire et univoque."

Opposé aux modalités de l'assurance autonomie

Autre sujet polémique, à l’ordre du jour au gouvernement wallon: la réforme de l’assurance autonomie. Il s'agit d'une cotisation de 50 euros par an par personne pour financer, en partie, les soins à domicile ou à résidence.

Le PS s'y oppose, mais Pierre-Yves Dermagne précise: "On a toujours défendu le principe de l’assurance autonomie, qui est une manière de répondre au défi du vieillissement de la population. Par contre, sur les modalités portées par le MR et le CDh, on est en opposition totale."

Le parti est en fait en désaccord avec la contribution forfaitaire."Il faut qu’elle tienne compte des revenus des Wallonnes et Wallons."

"Les wallons payeront 50 euros par an à partir de 26 ans jusqu’à la fin de leur vie pour des services qu’ils ont déjà aujourd’hui et pour lesquels ils ne payent pas de cotisation."

La réforme du dispositif APE "bête et méchante"

Le secteur de l'aide et des soins à domicile est d'ailleurs très concernant. Il est menacé par des pertes d’emplois suite à une réforme du dispositif APE (aide à la promotion de l’emploi), proposée par le ministre wallon de l'Emploi, Pierre-Yes Jeholet. "C’est 60.000 travailleurs en Wallonie, 45.000 équivalents temps-plein, 4000 travailleurs, dans des secteurs essentiels à la population comme la puériculture ou l’accueil extrascolaire."

Paradoxalement, cette réforme avait déjà été lancée par l’ancienne ministre PS, Eliane Tillieux: "Ils avaient abouti à un texte adopté en première lecture au gouvernement wallon PS-CDh, construit avec les partenaires sociaux. Et tout ça, le ministre (Jeholet) le balaye avec une réforme bête et méchante. On supprime des budgets, on supprimera des postes demain. Et d’ailleurs il l’assume."

Quelles seraient les conséquences d’une telle réforme sur les Wallons? "Une réduction de budget pour des services déjà sous-financés et donc, des pertes d’emplois."

Pierre-Yves Jeholet, pour construire sa réforme, se base sur des constats qui, selon Dermagne "sont des postulats qui sont faux, qui ont été contestés par les travailleurs du secteur."

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