Assouplir la naturalisation? "Voté, c'est voté" répond la N-VA au MR

Le MR souhaite "reformuler" les nouveaux critères durcissant les conditions de naturalisation. Pas question pour la N-VA qui se dit "déçue" par la demande du MR de reformuler certains éléments. "Voté, c'est voté", a réagi le député Theo Francken.

Le groupe MR à la Chambre a appelé mercredi à "reformuler", parmi les critères d'ajournement d'une demande de naturalisation, les éléments faisant référence à la "langue de son domicile" et à "la participation à la vie locale". Selon les réformateurs, il faut les considérer comme "une incitation à l'intégration du demandeur".

La Commission ad hoc de la Chambre a adopté mardi de nouveaux critères de naturalisation. Parmi ceux-ci, une des conditions d'ajournement d'une demande de naturalisation, relative à l'effort entrepris pour saisir la langue de son domicile, a fait polémique. Adoptée grâce au soutien des partis flamands (sauf le VB et Groen!) et de la présidente de la Commission Jacqueline Galant (MR), elle a fait bondir le PS, le cdH, Ecolo et le FDF. Parmi eux, certains députés y ont vu l'émergence de critères différents selon les Régions.

Réuni mercredi, le groupe MR a demandé, "à l'unanimité" de revoir le texte, jugé "imprécis" sur ce volet.

Interrogée, la présidente de la Commission de naturalisation de la Chambre, Jacqueline Galant ne sent pas "désavouée" par la demande du groupe MR. "Ce qui est prioritaire c'est la connaissance d'une des langues nationales", a-t-elle réagi. "Il faut pouvoir démontrer sa volonté d'intégration, il ne faut pas s'attarder sur la polémique linguistique, il y a bien d'autres critères. Focalisons-nous maintenant sur l'examen des dossiers individuels", a ajouté Jacqueline Galant. "Et de toute manière, les critères sont laissés à l'appréciation des parlementaires", a-t-elle précisé.

Au-delà de la question des conditions d'ajournement qui a fait polémique, le MR s'est réjoui mercredi dans un communiqué que des critères "plus stricts et plus objectifs" ont été décidés pour l'examen des dossiers de naturalisation. Le critère de la maîtrise d'une des langues nationales est "essentiel", indique-t-il. "Nous refusons l'existence de critères d'appréciation différents selon les Régions. Il ne s'agit donc, en aucune manière, d'imposer la connaissance de la langue d'une Région en particulier. Nous refusons toute logique de sous-nationalité", a souligné le chef de groupe Daniel Bacquelaine, candidat à la présidence du parti.

Inimaginable pour la N-VA

La N-VA a indiqué mercredi qu'il était "inimaginable" de revenir sur le vote des nouveaux critères durcissant les conditions de naturalisation intervenu mardi en Commission de la Chambre. La N-VA s'est dite "déçue" par la demande du MR de reformuler certains éléments. "Voté, c'est voté", a réagi le député Theo Francken. "La N-VA ne peut accepter que certaines conditions seraient à nouveau assouplies à la demande du MR. L'exigence de la connaissance de la langue avait déjà été revue à la baisse (après les débats) mais au final la proposition contenait suffisamment d'éléments permettant de la soutenir. Nous ne voulons pas d'une nouvelle révision à la baisse. Nous ne voulons et ne pouvons faire marche arrière, y compris sur les exigences d'intégration dans la vie communautaire", a fait savoir Theo Francken dans un communiqué.

La N-VA espère que "le bon sens finira par triompher au MR". Elle appelle les réformateurs à respecter les engagements pris mardi.

 


Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK