Assises: le procès d'un financier du génocide rwandais

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Le procès d'un membre présumé du génocide rwandais s'est ouvert ce lundi devant la Cour d'Assises de Bruxelles. L'accusé Ephrem Nkezabera, qui plaide coupable, souffre d'un cancer du foie. Il est en chimiothérapie et était absent à l'audience de ce lundi.

Ephrem Nkezabera, 57 ans, a fait savoir qu'il veut témoigner pour soulager sa conscience.

En 1994, au moment du génocide, il était cadre de la Banque commerciale du Rwanda. Il est soupçonné d'avoir financé et armé les milices hutues, qui ont massacré des centaines de milliers de Tutsis, entre avril et juillet 1994.

Il a été arrêté chez nous en 2004, alors qu'il s'était caché chez son fils en Belgique. Il a passé 4 ans à la prison de Forest.

En 2007, au cours des premiers procès Rwanda en Belgique, il a été cité comme témoin, et il a révélé les circuits de financements des génocidaires rwandais. Son avocat le dit prêt à expliquer d'autres recoins des coulisses du génocide.

Ephrem Nkesabera n'est pas poursuivi pour génocide mais pour un nombre indéterminé de meurtres et de tentatives de meurtre, présumés commis à Kigali, au cours du génocide, entre avril 1994 et juillet 1994. L'accusé doit répondre également d'un nombre indéterminé de viols. Pour la première fois dans l'histoire judiciaire belge, des viols sont qualifiés de crimes contre le droit international. Ce sont les seules accusations qu'Ephrem Nkesabera conteste formellement.

Le box des accusés est vide

Ephrem Nkezabera souffre d'un cancer du foie et des os en phase terminale. Il lui reste 6 mois à vivre.

Il a entamé une chimiothérapie et ce traitement l'a empêché d'assister à l'ouverture de son procès. La tâche de la présidente de la cour est délicate. Elle constitue un jury d'assises sans être sûre de pouvoir continuer le procès. Le box des accusés est vide.

Maître Gilles Vanderbeck, l'avocat d'Ephrem Nkesabera souhaite la remise.

Certaines parties civiles sont également favorables à cette remise mais la plupart d'entre elles ont demandé que le procès se déroule par défaut. Le procureur fédéral est également en faveur d'un procès par défaut, laissant l'opportunité à l'accusé de faire opposition ensuite pour être rejugé en sa présence. Le génocide a eu lieu il a plus de 15 ans, et les témoins directs commencent à se faire rares.

Après avoir entendu les arguments de la défense, des parties civiles et du procureur fédéral, la présidente de la cour d'assises de Bruxelles, Karin Gerard, a indiqué que la cour fera connaître sa décision par un arrêt, mardi matin.

 

F. Wallemacq et Belga

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