Assises de l'interculturalité: le MR veut "rattraper le temps perdu"

ASSISES DE L'INTERCULTURALITE DU MR : Clap première...
ASSISES DE L'INTERCULTURALITE DU MR : Clap première... - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le MR organise à partir de ce lundi et durant quatre semaines ses "Assises de l’interculturalité". Des rencontres annoncées en janvier par le président des libéraux Olivier Chastel et présidées par le chef de groupe à la Chambre Denis Ducarme. L'idée est de débattre du fameux "vivre ensemble", entendre chacun des cultes présents en Belgique et le monde laïc pour voir comment faire baisser les tensions dans la société. Un objectif louable, même s’il faut bien avouer que l’initiative est loin d’être la première du genre, notamment côté libéral.

A chaque période de tensions dans la société belge, à chaque attentat ou agression ces dernières années, sur fond ou non de conflits au Proche-Orient, la ritournelle est toujours la même. Surfant sur l'émotion du moment, le monde politique a tenté de réagir, avec une série de "grands messes" pour débattre "sans tabous", "améliorer le vivre-ensemble", "construire des ponts", "rétablir le dialogue", etc. Il y eut ainsi chez nous, après les attentats du 11 septembre 2001, la commission du dialogue interculturel (CDI), lancée par la PS Marie Arena, alors ministre fédérale de l'Intégration sociale et de l'Egalité des chances. Une CDI qui aboutit à un rapport en 2005 et des recommandations demeurées lettre morte.

Il y eut en 2009, sur fond de polémique sur le voile islamique - trois élèves exclues de deux écoles de Dison pour port du foulard en contradiction avec les règlements d'ordre intérieur -, les Assises de l’interculturalité lancées par le Fédéral et la ministre cdH Joëlle Milquet, vice-Première ministre en charge de l’Emploi et de l’Egalité des chances, chargée de la Politique de Migration et d'Asile. Des Assises torpillées par les dissensions politiques.

Déjà le MR en cavalier seul... contre tous

Avec le MR qui, dès 2003, avait décidé de jouer sa propre partition, sous la direction de Daniel Bacquelaine alors chef de groupe à la Chambre. Avec déjà une série de propositions que les libéraux voulaient voir couler en lois, notamment sur le dossier épineux du port de signes convictionnels dans l’enseignement et l’emploi public. En 2014, sur ce dossier, rien n’est encore réglé ni au Fédéral - où le ministre N-VA de la Fonction publique, Steven Vandeput, a annoncé une initiative dans sa note de politique générale en novembre -, ni dans les régions et communautés. Côté wallon, en avril, le parlement a approuvé une résolution sur l'interdiction du port d'insignes religieux par les fonctionnaires, sur base d'une proposition de la MR Florence Reuter, amendée et approuvée par les autres partis, mais qui doit encore être mise en œuvre par le gouvernement wallon.

"Dix années perdues"

Et revoici donc des "Assises", nouvelle mouture, menées par les libéraux et présidées cette fois par le chef de groupe MR à la Chambre, Denis Ducarme. Avec la volonté de "rattraper le temps perdu" et, dit l’invitation, "d’aborder sans tabou" des sujets comme le financement des cultes et notamment la finance islamique étrangère, les "accommodements raisonnables", mais aussi la nécessité d’un parcours d’intégration obligatoire pour les ministres du culte, la neutralité dans le secteur médical, etc.

Durant quatre semaines en mars, tous les lundis, Olivier Chastel président du parti et Denis Ducarme, en présence de tous les parlementaires fédéraux MR, vont donc recevoir à huis clos les représentants de tous les cultes reconnus chez nous, ainsi que des représentants du monde laïc, pour entendre et débattre. Ce lundi, est ainsi prévue une rencontre avec l'Exécutif des musulmans de Belgique. Le 9 mars, avec la communauté juive. Le 16 mars, avec le monde catholique. Et le 23, avec le monde laïc.

Des Assises qui doivent déboucher sur la rédaction d’une "charte de la citoyenneté" à intégrer dans le programme et les futures actions du MR, histoire de se définir une ligne et une seule. Bref, l’Histoire comme la politique est un éternel recommencement.

 

Fabien Van Eeckhaut

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