Assaut de Verviers: "On a échappé à un scénario à la parisienne"

C’était au milieu de l'année 2015, peu après l’attentat contre Charlie Hebdo. Mais c’était à Verviers. Un assaut impressionnant lors duquel deux terroristes présumés décèdent dans une confrontation armée qui compta 200 échanges de tir. La cellule terroriste a été démantelée lors d’une opération présentée comme un grand succès.

Un an plus tard, le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw se dit persuadé que la Belgique a, ce jour-là, déjoué des attentats similaires à ceux qui ont ensanglanté Paris en novembre dernier. "On a échappé à un scénario à la parisienne. Il est clair que l’on est dans un type d’organisation très similaire",analyse aujourd'hui Frédéric Van Leeuw.

Une comparaison qui prend tout son poids lorsque l’on sait qu’Abdelhamid Abaaoud était à l’époque suspecté de coordonner la cellule de Verviers depuis le Grèce. "Ne pas l’avoir arrêté est quelque chose que l’on a regretté dès le début" se souvient le magistrat.

Abdelhamid Abaaoud décédera finalement en novembre lors de l’assaut des forces spéciales françaises à Saint Denis, le lendemain des attentats de Paris.

Une question qui restera sans réponse

Le procureur fédéral en charge de l’opération se souvient très bien de la concordance de temps entre les différentes opérations: "Le jour où se déclenche la scène de crime de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, nous étions en train de surveiller la maison à Verviers. A ce moment-là, nous savons très bien que ce sont des personnes dangereuses qui s’abritent dans la maison. On s’est alors demandé si l’on n’allait pas avoir un déclenchement en chaîne et que les occupants de Verviers n’allaient pas entrer en action. Nous n’avons pas eu de réponse à cette question car nous avons alors décidé d’intervenir. Les conditions étaient beaucoup trop dangereuses. On ne pouvait pas se permettre que ces gens nous échappent."

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