Arnaud Feist, CEO Brussels Airport : "Les passagers dont la température dépasse 38 degrés et qui ont des symptômes du Covid-19 ne pourront pas prendre l'avion"

C’est l’une des grandes étapes du déconfinement. La plupart des frontières européennes et de l’espace Schengen rouvrent aujourd’hui. Pour le patron de Brussels Airport, Arnaud Feist, interrogé ce lundi matin sur La Première, c’est donc forcément une belle journée qui s’annonce. "On relance nos activités aujourd’hui. Il y aura plus de 60 vols dans la journée et il y a beaucoup de destinations vers le soleil, pour ceux qui veulent partir en vacances”.

Pour assurer la sécurité des passagers et du personnel de l’aéroport, les mesures d’hygiène sont renforcées : "Le masque est obligatoire et de nombreux distributeurs de gel sont mis à disposition de tous. Des lavabos ont été installés pour que les gens puissent se laver les mains à différents endroits de l’aéroport. Et puis, il y a également un contrôle de température à l’entrée du terminal pour tous les passagers”, détaille le CEO de Brussels Airport qui prévient que "ceux qui ont une température supérieure à 38 degrés et des symptômes du coronavirus ne pourront pas prendre l’avion. Ce sont les mesures sanitaires élémentaires pour éviter de contaminer les passagers et le personnel de l’aéroport”.

Le retour à 100% de notre activité ne se fera pas avant 2021 ou 2022, voire plus tard

Si la plupart des compagnies aériennes annoncent revenir à l’aéroport en 2020, et pour certaines en 2021, les effets de la crise du Covid-19 se feront ressentir pendant plusieurs années : “Au mois de juin, on sera à 10% d’activité normale et on estime arriver à 15% ou 20% pendant l’été. Le retour à 100% ne se fera pas avant 2021 ou 2022, voire plus tard. Cela dépendra de l’envie des Belges de voyager pour le business ou les vacances”.

L’aéroport s’attend à subir davantage l’impact de cette crise sur la durée qu'après les attentats du 22 mars 2016. “La crise de 2016 était émotionnelle. La sortie de crise était plus claire. Ici, c’est le monde entier qui est en crise et cela dure plus longtemps, donc l’impact est plus lourd”.

Un remplaçant à Swissport? : "Ça ne se trouve pas en quelques jours"

Depuis la faillite de la société en charge des bagages Swissport, l’aéroport met tout en oeuvre pour que les vols puissent être traités normalement : "Il n’y a pas d’impact sur le traitement des bagages et ce sera encore le cas dans les semaines qui viennent", explique Arnaud Feist qui admet que l’aéroport cherche encore un remplaçant à la société : "On y travaille, ça ne se trouve pas comme ça, en quelques jours. On est en contact avec une dizaine de sociétés qui pourraient venir travailler à l’aéroport".

En attendant, l’aéroport peut encore compter sur le traitement des bagages par Aviapartner, le deuxième opérateur bagagiste en son sein. Car depuis une vingtaine d’années, Brussels Airport est dans l’obligation d’avoir deux opérateurs bagagistes. Et c’est peut-être aussi cela qui peut expliquer la faillite de Swissport : "Ce n’est donc pas nouveau mais il y a une très forte concurrence entre les deux opérateurs depuis quelque temps et qui s’est accrue. Et la crise Covid a renforcé les problèmes préexistants chez Swissport", explique Arnaud Feist.

Brussels Airlines : "une aide publique assortie de certaines conditions"

Concernant les difficultés de Brussels Airlines suite à la crise du coronavirus, Arnaud Feist estime que : "il faut que l’actionnaire unique de Brussels Airlines, Lufthansa, soutienne sa filiale. Et, visiblement, c’est leur plan. On peut aussi imaginer une aide publique assortie de certaines conditions. Puisque c’est une entreprise très importante pour l’économie belge”. Car sans Brussels Airlines, l’aéroport de Bruxelles perdrait tout son rayonnement européen et international : "Brussels Airlines, c’est 40 % du trafic aérien de l’aéroport de Bruxelles et c’est la plaque tournante. La compagnie permet d’attirer de nombreuses autres compagnies aériennes internationales puisque les vols internationaux se connectent sur ceux de Brussels Airlines. Et c’est cette connectivité qui est fondamentale. En 2001, avec la faillite de Sabena, on a perdu du jour au lendemain un tiers de notre activité et on a mis douze ans à reconstruire le réseau intercontinental de l’aéroport". Arnaud Feist espère donc que cet épisode noir pour le secteur aérien belge ne se reproduira pas: "On ne veut pas revivre cette situation à nouveau. On ne veut pas perdre à nouveau dix ans par rapport à une concurrence très acharnée entre les aéroports européens".

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