Armes wallonnes : Willy Borsus "prend ce rapport très au sérieux"

Dans une enquête intitulée « Quand les armes s’égarent. La nouvelle menace mortelle des détournements d’armes vers des milices au Yémen », Amnesty International montre que des mitrailleuses légères conçues par la FN Herstal sont utilisées par un groupe armé au Yémen.

Le ministre-président wallon Willy Borsus réagit : « Je prends ce rapport très au sérieux car il indique que des exportations autorisées en 2016 vers les Emirats arabes unis auraient été détournées. » Willy Borsus annonce qu’il va demander à ses services de réaliser une enquête pour rassembler toutes les informations dans ce dossier. Il rappelle que le non-détournement des armes autorisées à l’exportation est un des critères dans l’octroi des licences.

Refus de licences en 2017

Le ministre-président wallon rappelle qu’en 2017, il y a eu des refus de licences pour les Emirats arabes unis. « En ce qui concerne 2018, le rapport doit être prioritairement adressé au Parlement, qui dans le processus de contrôle parlementaire, a la primeur de l’ensemble des informations concernant tous les dossiers d’exportation, de transit ou d’importations d’armes. »

Pour Willy Borsus, la Région wallonne est extrêmement rigoureuse en ce qui concerne l’application des critères qui sont définis au niveau européen. II estime que le décret définit de façon assez stricte les conditions d’octroi des licences. « La décision ultime que je prends au niveau wallon est précédée de plusieurs études, celle de l’administration, de nos experts mais aussi d’une Commission d’avis spécialisée mise en place au niveau de Wallonie-Bruxelles International », rappelle Willy Borsus. « Elle est vraiment destinée à vérifier chacun des critères en ce qui concerne les autorisations accordées ou refusées en fonction d’élément précis d’appréciation. »

Déjà épinglés par le passé

Denis Jacqmin du GRIP souligne que les Emirats arabes unis ont déjà un passif assez important de détournement d’armes. « Depuis 2010, cet Etat a déjà été épinglé à plusieurs reprises pour l’envoi de véhicules en Libye, mais aussi au Yémen et au Soudan. Il y a donc un historique qui aurait dû inciter la Région wallonne à plus de prudence. » Le chercheur rappelle également que Willy Borsus a refusé à plusieurs reprises des licences en 2018 en citant notamment le fait qu’il y avait un risque que ces armes soient détournées. « Mais on n’a pas encore de véritable visibilité, le rapport sortira probablement en juin 2019 », précise encore le chercheur.

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