Armand De Decker: "Le plan B, c'est la Belgique"

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Invité de "L'Indiscret", ce dimanche, l'ancien président du Sénat, Armand De Decker, a analysé la situation politique actuelle. Pour ce membre du MR, toutes les options n'ont pas encore été étudiées. Et de toute façon, "le plan B, c'est la Belgique".

Armand De Decker l'a dit sur notre plateau, peu après les élections du 13 juin, il a rencontré Bart De Wever, le président de la N-VA et grand vainqueur du dernier scrutin fédéral. Le nationaliste flamand a, selon notre invité, simplement analysé la carte politique du pays et non évoqué sa volonté de voir le MR faire partie du prochain gouvernement : "Quand on regarde la Flandre, 75% du corps électoral a voté centre-droit. (...) Si j'entre dans un gouvernement majoritairement de centre-gauche, je ressors avec 16%" a donc conclu le président de la N-VA. Pour ce dernier, il faudrait un gouvernement plus équilibré, entre une Flandre clairement au centre-droit, et une Wallonie située plus à gauche. Et avec le MR ? "Il n'a pas dit ça relate Armand De Decker. Il a fait un constat politique. (...) Depuis, il aurait pu changer d'avis, être convaincu par ses interlocuteurs."

Quel pronostic ?

Armand De Decker ne se mouille pas. Pour lui, c'est 50-50. Il fait donc deux pronostics. Côté pile : "Avec une coalition plus équilibrée, la formation d'un gouvernement est possible." Avec les libéraux, donc. Côté face : "Peut-être que la N-VA, que Bart De Wever, ne veut rien. Ou bien, pourrir la situation, rendre la situation impossible et progresser vers le séparatisme".

La force de l'âge

Ces derniers jours, la presse a fait part de dissensions au sein  du MR après les sorties tonitruantes de Didier Reynders, avant et après avoir rencontré les autres partis francophones. Le MR vise-t-il, d'abord, le pouvoir, avant de penser au futur du pays ? La réponse de l'Ucclois fuse : "Ridicule ! (....) Participer à ces négociations n'est pas une partie de plaisir. Nous sommes la deuxième famille politique du pays, la première à Bruxelles, la deuxième en Wallonie. Vu notre poids politique, notre histoire - nous qui sommes le plus vieux parti du pays - il est normal qu'on nous associe à l'avenir du pays. Je ne comprendrais pas qu'on décide de l'avenir de mon pays sans le plus ancien parti politique" déclare, solennel, Armand De Decker.

Pas de plan B

Pour le ministre d'Etat, "les Belges sont très malheureux" de la situation actuelle. Selon Armand De Decker, aller aux élections serait une catastrophe. "Il faut tester tous les scénarios. Avec ou sans la N-VA, un gouvernement d'union nationale, il y en a plusieurs. Il faut tout essayer avant d'aller aux urnes pour ce qui s'apparenterait à un référendum sur la survie de notre pays" estime l'ancien président du Sénat. Qui conclut : "Il n'y a pas de plan B. Le plan B, c'est la Belgique. Le séparatisme, les Belges n'en veulent pas. Bruxelles unit véritablement la Belgique - on l'a vu encore hier, avec les déclarations de Kris Peeters - et de toute façon, l'Union européenne n'accepterait pas la séparation de notre pays. Certains, en Espagne, en Grande-Bretagne, en France et ailleurs pourraient s'en inspirer..."

 

HM

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