ArcelorMittal: "On n'est plus très loin d'un accord" pour Elio Di Rupo

"La négociation est extrêmement avancée et on me dit qu'on n'est pas très loin d'un accord si chacun veut bien y mettre du sien", a-t-il déclaré. A l'issue de plusieurs assemblées générales du personnel, les organisations syndicales ont rejeté le projet d'accord relatif au volet social de la fermeture des hauts-fourneaux à Liège proposé par la direction du groupe. Depuis lors, la tension est montée d'un cran et un bras de fer a commencé entre les organisations syndicales et la direction.

Les syndicats ouvriers ont, en effet, bloqué les expéditions dans tout le bassin sidérurgique et la direction a envoyé un huissier pour constater le blocage. Elle a également annoncé dimanche le début de la phase de licenciements au sein de l'entreprise avec la mise en place d'une Commission pour l'emploi. Les syndicats ont alors interpellé les pouvoirs politiques. La tenue d'une réunion tripartite, associant direction, syndicats et gouvernement wallon doit avoir lieu prochainement. Le ministre Jean-Claude Marcourt a même écourté sa mission économique en Australie.

Florange: négociations avec le gouvernement français jusqu'à samedi

Les négociations concernant le site sidérurgique de Florange, que l'Etat français menace de nationaliser, vont se poursuivre jusqu'à la dernière minute, ont déclaré mardi l'Elysée et ArcelorMittal après une rencontre entre le président français et le patron du groupe.

François Hollande "a demandé que les discussions se poursuivent entre l'Etat et l'entreprise jusqu'au terme du délai (samedi) qui avait été convenu pour trouver un éventuel repreneur" du site, a déclaré la présidence dans un communiqué.

"Les discussions se poursuivent", a confirmé pour sa part une porte-parole du groupe sidérurgique à l'issue de la rencontre d'une heure à l'Elysée.

La pression monte car samedi expire le délai accordé par le groupe pour trouver un repreneur. Après, ArcelorMittal entend lancer les procédures pour fermer les installations.

Peu avant la rencontre, le président avait prévenu que la nationalisation faisait "partie du sujet de la discussion". C'était la première fois qu'il faisait un commentaire public sur cette affaire.

L'hypothèse d'un passage forcé et temporaire dans le giron public du site sidérurgique pour in fine lui trouver un repreneur privé avait été évoquée la semaine dernière par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, idée qui a reçu nombre de soutiens politiques à gauche et à droite.

"Il y a une sorte d'unité nationale qui se construit progressivement autour du projet de nationalisation temporaire", s'est félicité M. Montebourg mardi.

L'objectif de la rencontre Hollande-Mittal n'était pas affiché, mais pour Edouard Martin, délégué syndicaliste de Florange, il s'agissait d'"essayer de remporter le dernier bras de fer" et "convaincre" M. Mittal "de céder le site".

Car, pour l'instant, le groupe ne veut pas vendre toute l'installation de Florange, comme le souhaite l'Etat. L'industriel veut fermer les hauts-fourneaux et toute la filière "liquide" (production d'acier brut), qui emploient 650 personnes, mais entend conserver "l'aval", c'est-à-dire la transformation d'acier en produits industriels élaborés.

Or, l'Etat a seulement trouvé des repreneurs intéressés par tout le site. Il veut donc forcer la main d'ArcelorMittal, qu'il accuse de ne pas avoir tenu ses engagements.

Le groupe, pour sa part, a mis dans la balance ses 20.000 salariés en France, affirmant que nationaliser Florange serait de nature à remettre en cause la présence du numéro un mondial de l'acier dans le pays.

La semaine dernière, le gouvernement français a haussé le ton, le ministre du Redressement productif déclarant qu'il ne voulait plus de Mittal en France. La famille Mittal s'est dite "extrêmement choquée" par les propos de M. Montebourg.

Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK