ArcelorMittal: le gouvernement wallon veut négocier

Le ministre n'a pas tranché la question de savoir si l'avenir d'une sidérurgie intégrée à Liège se ferait avec ou sans ArcelorMittal. La première solution est la plus commode mais la deuxième n'est pas exclue.

"Il y a sûrement moyen de faire quelque chose sans Arcelor mais à nous maintenant d'entrer en négociation. C'est clair que ça va être quelque chose de difficile", a souligné le ministre.

Dans le cadre d'une négociation avec le géant sidérurgique, la Région dispose d'arguments. "S'ils devaient maintenir leurs exigences, le coût du démantèlement devrait les faire réfléchir", a averti Jean-Claude Marcourt. Aucune estimation précise n'a été avancée à ce jour mais un coût tournant autour des 800 millions d'euros est toujours évoqué.

L'élaboration d'un plan d'affaires permettra de démontrer la viabilité du modèle proposé à la fin du mois de juin par les syndicats, et aussitôt rejeté par la direction d'ArcelorMittal.

"A ce stade, il n'y a pas d'engagement irrémédiable mais une volonté de travail. Nous avons devant nous un travail sérieux mais qui n'est pas complet. Toute une série de questions doivent encore trouver une réponse", a expliqué le vice-président cdH du gouvernement, André Antoine.

Parmi celles-ci, figurent la recherche d'un partenaire industriel ou la compatibilité d'un soutien régional au projet avec la réglementation européenne. Jean-Claude Marcourt a rappelé mardi au Parlement que la marge de manoeuvre sur ce sujet était étroite.

Les représentants syndicaux se sont dits "extrêmement positifs" à l'issue de la réunion. "Nous avons reçu un très bon accueil de notre projet alternatif. Les constats sont partagés", a souligné Jordan Atanasov, secrétaire régional de la CSC Métal.

Il n'y avait toutefois aucun optimisme à l'égard de la poursuite des activités dans le giron du groupe sidérurgique. "Pour nous, avec ArcelorMitall, c'est mort. Depuis la mi-juin, M. Mittal ferme la porte", a indiqué Jean-Luc Rader, secrétaire régional de la FGTB Métal.

Le plan syndical pour assurer le maintien d'une sidérurgie intégrée s'inspire du modèle éprouvé dans le land allemand de Sarre et repose sur la création d'une société patrimoniale et une société de gestion. Un soutien financier régional serait nécessaire. Les syndicats proposent à cet effet au gouvernement wallon de vendre la participation de 0,7% que la Région détient dans le capital d'ArcelorMittal. L'exécutif n'a pris aucun engagement sur ce point.

La phase 1 de la Loi Renault, entamée en octobre après l'annonce de la fermeture de la phase à chaud liégeoise, s'est achevée le 26 juin. La direction a répété qu'elle n'entendait pas vendre les outils, qu'il s'agisse du chaud ou du froid. Elle a toutefois fait savoir qu'elle ne poserait aucun acte susceptible de mettre en péril les outils de la phase liquide au mois de juillet. Les syndicats demandent que ce délai soit prolongé jusqu'au mois d'octobre.

"S'ils ne s'engagent pas par écrit, on montera la garde devant les outils", a averti M. Rader.

Écolo soutient la stratégie d'autonomisation de l'acier wallon

En marge de la rencontre de ce jeudi entre le gouvernement wallon et les sidérurgistes liégeois, le parti Écolo a apporté son soutien au plan de relance des hauts fourneaux que Mittal veut fermer.

Les Verts appuient la stratégie d'autonomisation de l'acier wallon. Et, pour convaincre la multinationale de lâcher les outils, le député Christian Noiret propose même de saisir le commissaire européen à la concurrence d'une plainte pour pratiques abusives.

"Aujourd'hui, c'est Mittal qui décide de ne pas accorder des contrats à la région et à la sidérurgie liégeoise et de les accorder ailleurs" explique le député. "Ce n'est donc pas un choix de type économique mais un choix de politique interne. C'est la responsabilité des entreprises à être garant de la fourniture par rapport à leurs clients. Il y a clairement une suspicion de pratique abusive de la part de Mittal" conclut le député.

RTBF avec Belga

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