ArcelorMittal : "La confiance est à zéro" selon Jean-Claude Marcourt

Jean-Claude Marcourt
Jean-Claude Marcourt - © Archive RTBF

Le gouvernement wallon est prêt à injecter de l'argent pour consolider les outils sidérurgiques à froid de Liège, à condition qu'ArcelorMittal prouve qu'il continuera à livrer de l'acier à l'avenir, déclare Jean-Claude Marcourt à la RTBF.

Le ministre wallon de l’Economie reconnaît, au micro de Bertrand Henne, l’"échec collectif" de ne pas avoir pu "convaincre ArcelorMittal de maintenir une sidérurgie intégrée, c’est-à-dire qui sécurise l’alimentation du froid. Aujourd’hui, nous posons encore cette question majeure à la direction : dans le plan industriel que nous devons construire, vous n’apportez pas la preuve que vous êtes capables dans la durée de livrer une capacité de 2,5 millions de tonnes au froid à Liège. ArcelorMittal dit vouloir développer le froid. Qu’ils le prouvent sur les douze outils présents dans le bassin liégeois. Nous voulons aujourd’hui examiner ligne par ligne le plan de charge, examiner l’avenir. Et – c’est ça l’engagement fort pris par le gouvernement – nous sommes prêts, le cas échéant, avec ArcelorMittal, à faire en sorte d’upgrader ces lignes de manière à les rendre stratégiques".

Le ministre confirme ainsi que le gouvernement wallon est disposé à ouvrir son portefeuille à certaines conditions. Combien ? Ce serait plus de 100 millions d’euros, estime le ministre sans donner plus de précision : "Je ne suis pas un Mister Cash. Mais nous ferons les efforts nécessaires pour accompagner le plan industriel pour faire en sorte qu’on ancre dans la durée la présence du froid à Liège".

"Mise sous cocon"

Le ministre-président wallon Rudy Demotte a évoqué mardi l’hypothèse d’une "mise sous cocon" des outils à chaud. Pour Jean-Claude Marcourt, "quand l’outil aura été démonté, il est clair qu’on ne le reconstruira pas. Et reformer des travailleurs est très compliqué. Les syndicats ont raison de dire qu’il faut être clair avec les travailleurs. Il y a presque trois ans que la sidérurgie est à l’arrêt à Liège et ces gens se demandent de quoi leur avenir sera fait".

Jean-Claude Marcourt se montre optimiste : selon lui, il y aura encore une sidérurgie à froid à Liège dans dix ans. Mais "c’est le volume de cette sidérurgie que nous devons préserver aujourd’hui. Ici le savoir-faire est parfait et ArcelorMittal a ici des outils qui sont les meilleurs au monde. Tout le monde doit reconstruire de la confiance, parce que la confiance est à zéro aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle il faut une tripartite".

A.L. avec B. Henne

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