Arabie saoudite: une majorité à la Chambre pour un embargo sur les ventes d'armes

Les relations entre la Belgique et l'Arabie Saoudite. La commission des relations extérieures de la Chambre a approuvé une proposition de résolution qui demande, entre autres choses, de cesser les ventes d'armes à l'Arabie saoudite. Le débat a été animé entre les partis francophones. 

La majorité et les Verts ont voté en faveur du texte, le PS et le sp.a se sont abstenus.

A la suite de la polémique sur l'entrée de l'Arabie saoudite dans la commission des Nations-Unies pour les droits des femmes, la commission a repris l'examen d'une résolution de Benoît Hellings et Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen) sur les liens avec le royaume saoudien. Les écologistes demandaient la suspension des relations commerciales avec ce pays dans l'attente d'une analyse approfondie des flux financiers en provenance ou à destination de celui-ci.

Le texte allait trop loin pour la majorité qui y a apporté un certain nombre d'amendements. Il est ainsi demandé de "soumettre à une réflexion approfondie" les liens diplomatiques, commerciaux et autres.

Cette résolution va-t-elle changer les choses? Je ne le pense pas

Un amendement de la majorité demandait initialement de mettre un terme aux ventes d'armes en concertation avec les Régions, compétentes pour accorder les licences d'exportation. En toile de fond du débat, se profilent les intérêts de l'industrie wallonne de l'armement à l'égard d'un pays connu pour son piètre respect des droits de l'homme et impliqué directement dans un conflit au Yémen. Mardi, la majorité a quelque peu remanié son texte. Elle demande désormais simplement aux entités fédérées de mettre fin aux livraisons d'armes.

Le PS a rappelé son attachement à une mesure à l'échelon européen, seule efficace à ses yeux. "Cette résolution va-t-elle changer les choses? Je ne le pense pas. Je suis convaincue que le débat doit se mener au niveau européen, c'est là que nous devons faire bouger les lignes", a expliqué Gwenaëlle Grovonius.

Le MR estime au contraire qu'il faut prendre l'initiative en Belgique pour faire évoluer l'Union européenne. "Au niveau de l'Europe, s'il n'y pas de déclenchement à partir d'un Etat membre, vous savez bien que ça ne bougera pas. Il faut donc aller vers une résolution belgo-belge qui pourrait être l'amorce d'un débat européen", a fait remarquer Richard Miller.

La Chambre avait en son temps demandé un avis aux parlements régionaux sur la question mais l'assemblée wallonne n'y avait pas donné suite, en invoquant un problème de compétence, au contraire de la Flandre. Une attitude qu'ont regretté aussi bien les libéraux que les socialistes du parlement fédéral. Plus fondamentalement les premiers, dans l'opposition en Wallonie, ont reproché aux seconds leur ambiguité. La Région wallonne avait mené le combat contre le Ceta, le traité européen de libre-échange avec le Canada, mais se montre bien plus timide à l'égard de l'Arabie saoudite quand il s'agit des armes. "La Région wallonne, et son ministre-président en particulier, se serait grandie en acceptant au moins d'ouvrir le débat", a regretté M. Miller.

Le cdH, également dans la majorité en Wallonie, n'était pas présent lors du débat. Le PTB a dit lui aussi son souhait d'un embargo européen plutôt que national. Il a exprimé par ailleurs sa préoccupation à l'égard des travailleurs qui pourraient en faire les frais en réclamant des mesures de compensation.

Les partis flamands ont soutenu la demande d'embargo qui vise les biens militaires et à usage militaire tels que définis dans une position commune européenne. Les débats se sont compliqués lorsque le PS a posé la question des biens à double usage, comme des logiciels ou des viseurs, qui servent dans l'armement et concernent davantage la Flandre. "La N-VA ne vise spécifiquement qu'une entreprise, une entreprise wallonne qui est la FN", a accusé Mme Grovonius s'attirant les protestations de l'Open Vld et des écologistes qui ont dénoncé une tentative de communautariser le débat. Le sp.a a demandé que la clarté soit faite mais, malgré de longues discussions et la réécriture d'amendements, la majorité n'a pas voulu mentionner expressément ces biens à double usage. Un avis juridique a été demandé aux services de la Chambre.

La réaction de Benoît Hellings, Ecolo, au micro de Fabien van Eeckhaut

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir