Arabie Saoudite: la majorité propose un embargo au commerce d'armes

Les relations entre la Belgique et l'Arabie Saoudite en débat au parlement
Les relations entre la Belgique et l'Arabie Saoudite en débat au parlement - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Nos relations avec l'Arabie saoudite étaient à nouveau en débat ce matin au parlement, peu de temps après la polémique du vote de la Belgique en faveur de l'adhésion de l'Arabie Saoudite à la Commission de la condition de la femme. Au terme de cette session, il a été décidé les débats continueront mardi prochain. Au menu des discussions, les 38 amendements déposés et éventuellement une audition des régions. Un vote sera possible.

À l'occasion d'une proposition de résolution Ecolo - Groen, visant à reconsidérer la politique étrangère à l'égard de l'Arabie Saoudite, les différents groupes politiques se sont à nouveau positionné sur l'avenir des relations diplomatiques, économiques et commerciales avec le royaume wahhabite. Plus précisément, les écologistes demandait dans leur résolution la suspension de toute relation commerciale en attendant une analyse des flux financiers entre les deux pays. Dont les exportations d'armes, qui concernent directement la Wallonie.

PS et cdH dans l'embarras

Plusieurs députés ont demandé que l'adoption d'une position du Parlement se fasse en concertation avec les entités fédérées et en particulier avec le Parlement wallon. La majorité propose de mettre un terme au commerce d'armes, en concertation avec les entités fédérées.

La demande plonge le PS et le cdH dans l'embarras. Dans ce dossier très sensible, le PS et le cdH, qui forment la majorité en Région wallonne, ont plaidé jusqu'à présent pour un embargo européen sur les ventes d'armes, estimant que la seule initiative belge n'y changerait rien.

Le député Georges Dallemagne (cdH) a plaidé mardi en faveur d'un "plan de désengagement" de la Belgique à l'égard de l'Arabie saoudite. "Il faut définitivement considérer ce pays comme dangereux sur le plan de la sécurité", a-t-il affirmé en commission des Relations extérieures de la Chambre, invoquant le rôle du royaume saoudien dans la propagation du salafisme.

"Si l'on me dit que j'ai quelqu'un de dangereux à côté de moi, je demande un embargo sur le armes", a fait remarquer M. Reynders.

La commission reprendra ses travaux mardi prochain et tentera d'aboutir à un vote. A croire les uns et les autres, personne ne cherche à noyer le poisson. De nombreuses questions demeurent pourtant en suspens. "Ce sont des décisions qui ont de grandes conséquences", a averti le chef de groupe N-VA, Peter De Roover. Une remise en cause des relations entre la Belgique et l'Arabie saoudite en raison du respect des droits de l'homme pourrait avoir des répercussions sur les relations avec d'autres pays ainsi que sur l'approche européenne souvent privilégiée par la Belgique.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK