Après le jeu de chaises musicales entre De Bue et Ducarme, la grogne envers Georges-Louis Bouchez monte au MR

Après le jeu de chaises musicales entre De Bue et Ducarme, la grogne envers Georges-Louis Bouchez monte au MR
Après le jeu de chaises musicales entre De Bue et Ducarme, la grogne envers Georges-Louis Bouchez monte au MR - © HATIM KAGHAT - BELGA

L'émoi restait vif vendredi parmi les élus MR de Wallonie après, entre autres, la tentative avortée de remplacer, au gouvernement wallon, le ministre Valérie De Bue par le ministre fédéral sortant Denis Ducarme. Après des négociations gouvernementales difficiles pour le président du parti libéral, et la nomination surprise de Mathieu Michel au Numérique, il n'en fallait pas plus pour que les tensions soient attisées au sein du parti.

Le traditionnel bureau politique du MR, qui aura lieu lundi prochain, s'annonce explosif entre ceux qui considère que le mandat de président de Georges-Louis Bouchez est dans la balance, et ceux qui réclament au minimum une franche explication.

Vendredi matin, présents au parlement pour la prestation de serment de Christophe Collignon (PS) en tant que nouveau ministre régional, les élus se sont retrouvés pour "des discussions informelles" mettant en avant "un manque d'élégance qui laissera des traces" et "la nécessité de revoir le fonctionnement du parti en interne".

De Bue évincée sans élégance

Selon plusieurs sources, une "réelle inquiétude" a été exprimée, tant sur l'absence de concertation qui a débouché sur le fiasco du jeu de chaises musicales que sur la manière dont les choses se sont déroulées.

Le fait que la ministre De Bue ait été prévenue au tout dernier moment de son éviction du gouvernement wallon serait particulièrement mal passé. "La manière dont ça s'est fait manquait à tout le moins d'élégance", pointe ainsi un ténor du MR en assurant toutefois qu'il "n'y a pas de division au sein du parti". "Il y a une réelle inquiétude. On espère que les choses vont se calmer mais il faudra en tout cas revoir en interne notre fonctionnement", ajoute-t-il.

D'autres, au sein du MR, ont publiquement exprimé leur total soutien à Mme De Bue.

"Pour la bonne cause, je me découvre des talents de photographes. Vous êtes, sans nul doute, beaucoup plus qu'un quota", a ainsi tweeté le ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke en légende d'une photo regroupant une petite vingtaine d'élues régionales de tous les partis, y compris du MR. Prise vendredi matin dans les travées du parlement wallon et retweetée à maintes reprises sous le slogan "nous ne sommes pas un quota", cette photo de groupe constitue un message claire à l'adresse de Georges-Louis Bouchez.

"Bravo pour la qualité de votre travail et de votre investissement. Je l'observe tous les jours. Amitiés", a pour sa part posté le ministre wallon de l'Economie, Willy Borsus.

Privé de portefeuille ministériel, tant au fédéral qu'à la Région, Denis Ducarme, lui, a appelé au calme."Je reprends à mon compte la devise des cavaliers de Saumur: En avant, calme et droit! Je veux que le spectacle déplorable qui est présent depuis quelques heures au MR prenne fin", a-t-il notamment déclaré à La Libre Belgique.

Et pour dissiper toute équivoque, il a témoigné de son soutien à Benoît Piedboeuf en tant que chef de groupe à la Chambre. "C'est un ami, il remplit parfaitement cette fonction et doit continuer", a-t-il ajouté, interrogé par l'agence Belga.

Esprits déjà échauffés par des négociations fédérales difficiles

Mais parviendra-t-il à éteindre l'incendie alors que les esprits sont déjà échauffés par les soubresauts des derniers jours des négociations fédérales et par la nomination surprise de Mathieu Michel (le frère de l'ancien Premier ministre Charles Michel et fils du ministre et ex-président du parti Louis Michel) à un poste de secrétaire d’État ?

Des clarifications pourraient se faire ce week-end. En coulisses, un libéral décrivait l'ambiance plus brûlante encore que lorsque le groupe Renaissance autour de Charles Michel et les partisans de Didier Reynders s'affrontaient. Et les avis seraient partagés, certains ne soutenant plus le président Georges-Louis Bouchez, tandis que d'autres plaident pour un encadrement strict.

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