Après la crise, la rentrée politique: et maintenant, on fait quoi?

Après la crise, la rentrée politique: et maintenant, on fait quoi?
Après la crise, la rentrée politique: et maintenant, on fait quoi? - © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA

Bien malin qui pourrait le dire. Seule certitude, depuis le 21 décembre, le gouvernement est en affaires courantes et cela, depuis que le Roi a accepté la démission du gouvernement Michel. Mais pour cette rentrée politique, tout est flou. Surtout que se profilent dans 5 mois, le 26 mai pour être précis, des élections législatives, régionales et européennes. Un contexte particulier jamais rencontré.

Que peut faire un gouvernement en affaires courantes?

Depuis des semaines, chacun le répète: un gouvernement en affaires courantes a des pouvoirs très limités. Il ne peut plus lancer de nouveaux et grands chantiers. Il doit se contenter de gérer le quotidien et...Ples situations d'urgence. Alexander De Croo, vice-Premier ministre Open VLD, explique qu'"en affaires courantes, le gouvernement doit juger ce qui est urgent et inévitable. Et dans ces cas-là, il peut intervenir. Mais il faut être prudent".

Marc Verdussen, professeur de droit constitutionnel à l'UCL, reconnaît que la notion d'affaires courantes est une notion à contenu variable. Deux critères doivent, selon lui, servir de guide. "La nature de la décision et son contexte particulier d'abord. Il est évident que si la Belgique était touchée par des attentats, il serait logique que le gouvernement, même en affaires courantes, prenne des décisions. Et puis, il y a le critère du temps. Ce qui n'est pas urgent au départ, peut parfois le devenir. Un bel exemple, c'est la transposition d'une directive européenne dans le droit national."

Le Parlement, lui, n'est pas en affaires courantes

C'est un peu le cri du cœur des partis de l'opposition. Ahmed Laaouej, le chef de groupe PS à la Chambre, qui était dans l'opposition depuis 4 ans, insiste sur cette différence. Le parlement tourne toujours. Il n'est pas en affaires courantes. "Le Parlement va continuer à exercer tout son pouvoir et prendre des initiatives." Bref, pour lui, tout n'est pas bloqué. Au contraire. "Nous répondrons aux urgences et besoins de la population sur le terrain social notamment. S'il y a des propositions déposées au Parlement qui répondent aux problèmes des fins de mois difficiles et du pouvoir d'achat, le PS les soutiendra." Le PS veut aussi l'octroi de plus de moyens pour la future concertation sociale pour revaloriser notamment les minima sociaux.

Les Verts avancent aussi des préoccupations sociales. Et ils rappellent qu'ils ont déjà mis sur la table des propositions en matière climatique et en faveur des indépendants. Et, sans surprise, les Verts sont prêts à soutenir le calendrier prévu pour la fermeture des centrales nucléaires. De son côté, le cdH dit souhaiter des avancées sur le pouvoir d'achat, la mobilité et les soins de santé... Bref, de manière générale, chacun veut faire bouger les choses.

Mais comment ? Là-dessus, jusqu'à présent, cela reste très flou aussi. Comment, par exemple, des majorités peuvent-elles se mettre en place sur tel ou tel dossier ? Surtout qu'en fonction des dossiers, les majorités pourraient changer. Siegfried Bracke, le président de la Chambre, pour rappel NVA, a convoqué pour cette semaine une réunion des chefs de groupe pour envisager la suite des événements. Les prochaines semaines risquent d'être assez particulières...

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