Anvers: le sp.a cherche un échevin pour rejoindre l'équipe Bart De Wever II

Le collège anversois presqu'au complet.
Le collège anversois presqu'au complet. - © Tous droits réservés

Ce week-end, Bart De Wever a présenté son nouveau collège. Le président de la N-VA conserve son écharpe mayorale. Neuf autres échevins l’accompagneront : 5 N-VA, 1 Open VLD et 3 sp.a. Jinnih Beels, tête de liste sp.a, et Tom Meeuws, président du sp.a Anvers, obtiennent un poste. Mais le troisième reste vacant pour l’instant… Les quatre autres élus socialistes ne se bousculent pas au portillon. Analyse.

Petit retour dans le temps : le 14 octobre 2012, la N-VA de Bart De Wever devient de loin le premier parti lors des élections communales à Anvers. Les socialistes sont relégués dans l’opposition. C’est une journée historique. D’autant plus que la majorité formée en 2012 à Anvers (N-VA, CD&V, Open Vld) sera reproduite à l’échelon flamand et fédéral deux ans plus tard.

En 2014, après avoir formé la "coalition suédoise" (ou "kamikaze" selon certains), Bart De Wever déclare d’ailleurs : "J’ai mis les socialistes dehors à Anvers après 90 ans au pouvoir, au niveau flamand après 20 ans, au niveau fédéral après 25 ans. Je préférerais ne plus jamais les revoir."

Le retour des socialistes après 6 ans d’absence

À la suite des élections du 14 octobre 2018, la N-VA, le CD&V et l’Open Vld conservent une majorité, mais extrêmement mince : 28 sièges sur 55. Il suffit qu’un conseiller communal ne suive pas les consignes de vote du collège pour que la majorité vacille. Le formateur Bart De Wever appelle alors à la "réconciliation" et se lance à la recherche d’une coalition plus solide (minimum 30 sièges).

Excluant d’office le Vlaams Belang et le PTB, la N-VA envisage une coalition avec Groen, mais les écologistes refusent après quelques semaines de discussions. Le parti socialiste flamand se montre quant à lui plus ouvert aux avances du bourgmestre. Fin novembre, la N-VA, l’Open Vld et le sp.a constituent ensemble l’équipe censée former une coalition, mettant ainsi de côté le CD&V de Kris Peeters.

Le 21 décembre, la N-VA, l’Open Vld et le sp.a dévoilent leur projet d’accord. Le lendemain, le texte de 599 points est soumis au vote au sein des trois partis. Du côté de la N-VA et de l’Open Vld, l’adoption de l’accord n’est qu’une formalité. Chez les socialistes, c’est plus compliqué…

Il a fallu attendre plusieurs heures avant que de la fumée blanche ne sorte du congrès du parti samedi. Résultat : 116 membres ont voté pour, 78 contre et 4 se sont abstenus. A première vue, c’est donc à une marge majorité (59%) que les socialistes anversois ont adopté le texte.

Sauf que, parmi les 6 conseillers élus, 3 se sont opposés au projet d’accord. Güler Turan et Hicham El Mzairh hésitent même à garder leur carte de parti et à siéger en tant qu’indépendant. Karim Bachar déclare quant à lui rester loyal à son parti, mais souhaite que l’on modifie certains points dans l’accord.

Si deux conseillers socialistes deviennent indépendants, la "coalition bourguignonne" n’aura plus que 29 sièges sur 55, ce qui fragiliserait la majorité.

Parti divisé

Plusieurs éléments expliquent les divergences au sein du sp.a. À l’annonce du rapprochement entre la N-VA et le sp.a, certains membres du parti socialiste grinçaient déjà des dents. Ils ont du mal à croire dans le véritable caractère conciliateur de Bart De Wever. Nombreux sont ceux à critiquer son cumul des fonctions de président de parti et de bourgmestre de la plus grande ville de Flandre.

Lectrr, dessinateur du Standaard, en a fait un cartoon, en référence au nom de l’accord de gouvernance : "la grande convergence" ("de grote verbinding") : "Que penses-tu de la grande convergence ? Les bonnes résolutions tombent généralement à l’eau seulement en janvier…"

Une autre raison pour la méfiance de certains socialistes envers l’accord est que la "patte" du parti n’est pas très marquée. Le journaliste politique de la VRT, Marc Van de Looverbosch, a par exemple qualifié l’accord de gouvernance anversois de "plat suédois recouvert d’une sauce rouge".

Même si le sp.a a réussi à inscrire la construction (ou rénovation) de 5.000 nouveaux logements sociaux, c’est la moitié de leur promesse électorale. Ils ont également obtenu l’instauration des "tests de situation" ("praktijktesten") en vue de lutter contre la discrimination sur le marché du logement. Par contre, pas question de supprimer la neutralité derrière les guichets et dans les écoles, un point électoral.

2,5 échevins

En ce qui concerne les postes au sein du collège, Jinnih Beels va devenir l’échevine de l’Enseignement et Tom Meeuws sera en charge des Affaires sociales. Il reste encore un poste à pourvoir : président du Comité spécial du service social. La fonction est destinée à un membre du parti socialiste pendant 3 ans, après elle reviendra à un libéral.

Si elle le souhaite, Yasmine Kherbache, troisième négociatrice du sp.a, pourrait occuper le poste, mais elle devrait alors laisser tomber son mandat de députée au Parlement flamand en raison de la politique de décumul au sein du parti.

Les autres candidats seraient donc des personnes qui ont voté contre l’accord. Yasmine Kherbache temporise néanmoins la situation assez délicate sur les ondes de la VRT : "Ce n’est pas étrange que le troisième poste d’échevin ne soit pas encore rempli, nous souhaitons prendre notre temps pour trouver la bonne personne."

En attendant que le candidat idéal soit trouvé, c’est Tom Meeuws qui assurera ce poste par intérim.

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