Anuna De Wever et Adélaïde Charlier: deux jeunes à la tête du combat pour le climat

« Normal ? Ca ne l’est évidemment pas… Et nous savons que nous enfreignons les règles. Mais cela consiste en un déclaration : nous pointons du doigt la contradiction quand on nous dit » allez à l’école, allez étudier les sciences… « et que nous voyons que les politiques ne réagissent pas, et nous nient. »

Elle ajoute « arrêtez de nous voler notre avenir ! » C’était le 10 janvier dernier. 3000 étudiants flamands ont séché les cours, pour défiler à Bruxelles. Une marche pour le climat… depuis, Anuna De Wever est au devant de tous les cortèges. A 17 ans, Anuna est activiste pour le climat, et son combat est devenu national. Fille d’une sociologue et d’un architecte urbaniste, Anuna est désormais un phénomène médiatique et politique. Pas une émission politique en Flandre, pas un journal qui ne lui donne la parole.

Anuna De Wever : l’apprentissage de l’engagement

C’est toute petite qu’Anuna a réalisé que les choix sont importants. Elle habite Berchem avec ses parents, va à l’école comme tous les jeunes de son âge. Mais Anuna veut être un garçon. Dans sa famille, tout le monde comprend. Mais au lycée, les choses se corsent.

Après une longue période de doute, Anuna décide : elle ne sera ni fille, ni garçon. Un non-choix qui paradoxalement en est un très puissant : Anuna assume sa différence. « Je trouve que c’est idiot de pousser les enfants dans des cases dès leur plus jeune âge », dit-elle aujourd’hui.

A 16 ans, Anuna accompagne sa mère à New York, pour assister à une conférence sur les féminisme. C’est là qu’elle découvre les vulnérabilités des femmes face aux changements climatiques. Une révélation.

Anuna a été séduit-e par le discours d’une autre jeune de son âge : Greta Thunberg, Suédoise de 16 ans, qui brosse ses cours tous les vendredis, pour manifester pour le climat. Avec son amie Kyra Gantois, elle met sur pied le mouvement « Youth for Climate ». Le 10 janvier, 3000 personnes en rue. Et jeudi dernier, ce sont 35 000 lycéens et étudiants qui ont défilé pour la justice climatique.

Adélaïde Charlier : « On est là pour crier une urgence »

« On est là pour crier une urgence. Il n’y a plus le choix. Si on est dans la rue, c’est pour dire que l’on est prêt à ces mesures extrêmes ». Ce sont les mots d’Adélaïde Charlier, autre égérie du mouvement Youth for Climate. Adélaïde a 18 ans, elle est Namuroise. C’est elle la coordinatrice du mouvement du côté francophone.

Après le succès de la manifestation de jeudi dernier, qui a rassemblé 35 000 personnes, Adélaïde explique : « On demande un changement de politique, une politique qui met le climat au centre de son projet. Ça ne sert à rien de discuter d’autres problèmes, si au final, la cause primaire est le climat. Les scientifiques nous disent qu’il faut rester en dessous de l’augmentation des 1,5 degrés. Seulement, si on continue avec cette politique, on va arriver à 3,5… »

Adélaïde Charlier est très active au sein de son école : « On n’est pas seulement dans les rues pour parler aux politiciens, on parle aussi aux professeurs qui se disent qu’il faut sensibiliser les élèves. Les élèves eux-mêmes sont sensibilisés, puisque quelqu’un a fait une présentation sur le climat ». Avec d’autres élèves, elle anime l’Eco-team, une équipe qui met en œuvre des idées sur le thème de l’écologie. « C’est elle qui a réussi à tous nous sensibiliser et à nous motiver à aller manifester. Je trouve génial à son âge de faire ça. Et je suis très fière d’être son amie », témoigne une élève.

« J’ai des journées assez chargées, mais c’est comme ça qu’on fait avancer les choses : au cours d’une réunion pendant le temps de midi, on discute ensemble de comment on va ancrer une meilleure habitude aux élèves à l’école », dit encore Adélaïde. Et sa mère n’est pas peu fière : « Je suis très impressionnée de la voir s’engager comme ça, mais surtout de voir tant de jeunes qui se mettent en mouvement ».

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