Anti-radicalisme: représentants des cultes et bourgmestres à l'Elysette

Paul Magnette travaille à l'élaboration d'un plan intégré de lutte contre le radicalisme
Paul Magnette travaille à l'élaboration d'un plan intégré de lutte contre le radicalisme - © BRUNO FAHY - BELGA

Cultes, villes et provinces ont participé à une large table ronde au siège du gouvernement régional. Objectif: discuter des moyens de lutte contre le radicalisme. Pas de mesures concrètes annoncées, mais une volonté de collaborer et de le communiquer.

Ils étaient une trentaine autour de la grande table de réunion de l’Elysette. Invités par le Gouvernement régional, les cinq gouverneurs et les bourgmestres des plus grandes villes wallonnes (ou leurs représentants), ainsi que les représentants des différents cultes.

Premier objectif: se parler, le dire et le montrer. "Nous attendons du gouvernement wallon qu’il prenne des initiatives politiques bien sûr, mais aussi pédagogiques. Et en ces temps de tensions, le simple fait de nous rassembler est déjà un symbole fort", estime Julien Klener, Président du Consistoire central israélite de Belgique. "Chaque effort en ce sens est un geste concret, constructif et plein d’espoir".

Nettoyer le disque dur des radicaux

Mais au-delà de la portée symbolique, l'objectif principal est évidemment de dégager des pistes qui favoriseront concrètement la cohabitation, le "vivre ensemble". Par exemple en encadrant peut-être davantage les lieux de cultes, comme certaines mosquées (NDLR: 1/3 environ des mosquées wallonnes et bruxelloises sont officiellement reconnues par les gouvernements régionaux).

Noureddine Smaili préside l’Exécutif des musulmans de Belgique: "Pour mettre un frein au radicalisme, nous devons collaborer tous ensemble, les autorités locales, les acteurs sociaux, les professeurs de religion… Nous devons aussi former des spécialistes capables de décortiquer certains discours extrémistes, capables d’expliquer à certains jeunes que ce qu’on leur raconte n’est pas l’islam, et ainsi d’effacer leur disque dur qui a malheureusement été mal formaté. Nous devons impérativement favoriser l’émergence d’un islam de Belgique. Il faudrait par exemple que les imams de nos mosquées complètent leur formation initiale ici, chez nous . L’Exécutif des musulmans est d’ailleurs prêt à collaborer à la mise sur pied d’un nouveau master théologique allant dans ce sens".

"Nous demandons des moyens complémentaires", indique Marc Elsen (cdH), bourgmestre de Verviers, directement concerné par les événements de ces derniers jours. "On ne peut pas identifier certaines villes à risques et ne pas leur permettre de renforcer les actions déjà en cours. Pour rassurer la population, mais aussi pour répondre aux acteurs de plus en plus nombreux qui souhaitent collaborer et aider l’autorité publique pour à relever ces défis".

Ce tour de table, qui en appelle sans doute d’autres, doit permettre au Gouvernement wallon d'élaborer un futur "Plan intégré de lutte contre le radicalisme". Mais à ce stade, le Ministre-président Paul Magnette (PS) n’a pas fixé de calendrier d'action.

Rudy Hermans

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK