Annemie Turtelboom estime que les parents d'An et Julie "ont raison"

"Il est temps de réformer la justice et surtout après ce que toutes les familles ont demandé, hier. Je trouve qu'elles ont raison", a déclaré la ministre de la Justice, par téléphone, au lendemain de sa rencontre avec les parents d'An et Julie, deux des victimes de Marc Dutroux.

Si Annemie Turtelboom refuse de s'exprimer sur la décision du tribunal d'application des peines, indépendance de la justice oblige, elle estime qu'il faut davantage impliquer les victimes dans la procédure. "Pour l'instant, on les entend mais on ne les implique pas", dit-elle. La ministre s'est également prononcée en faveur d'un degré d'appel. Du moins pour les "cas lourds". Par contre, elle s'est dit opposée à un éventuel droit de veto qui pourrait être accordé aux victimes.

Un projet de loi sur les peines incompressibles est en cours de discussion au sein de la majorité, a-t-elle rappelé.

"Ce n'est pas la justice qui doit être critiquée"

"La loi est appliquée par les tribunaux aujourd'hui et ce n'est pas la justice qui doit être critiquée dans cette situation", a déclaré pour sa part Marie-Christine Marghem qui ajoute : "Par contre je comprends l'émotion qui est liée à la libération conditionnelle d'une criminelle comme elle (Michelle Martin, ndlr)".

La députée libérale s'est dit favorable à des peines incompressibles, voire jusqu'à empêcher le condamné de sortir "pour certains cas".

Réformer mais sans précipitation

Même discours pour la députée socialiste, Karine Lalieux, qui estime que "Michelle Martin est un cas exceptionnel". Mais elle préconise le dialogue pour "ne pas réformer avec précipitation".

Elle rappelle également qu'un condamné qui va jusqu'à fonds de peine sort un jour ou l'autre de prison et qu'il est "lâché dans la nature sans aucun contrôle". Ce qui n'est pas le cas de lors d'une libération conditionnelle.

Comme la ministre les deux députées sont d'avis d'impliquer davantage les victimes lors d'une libération conditionnelle, mais "pas question que la victime rende justice elle-même !".

 

C. Biourge

 

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