Abattoir d'Izegem: la direction se dit elle-même "choquée", un audit est prévu

La direction de l'abattoir d'Izegem, fermé ce mardi matin sur ordre du ministre flamand Ben Weyts (N-VA) en charge du Bien-être animal, s'est dite "choquée" par les images tournées par l'association "Animal Rights".

"Nous prenons ça très au sérieux et nous ferons tout pour que cela n'arrive plus", a affirmé le responsable Louis Verbist dans un communiqué.

"La direction de l'abattoir a été informée ce lundi soir que des images avaient été tournées en caméra cachée. Mais elle n'a pu les découvrir que ce mardi matin dans les médias", indique le texte. "Certaines de ces images sont insupportables. Naturellement, nous sommes choqués", ajoute-t-il.

Selon la direction, un audit sera mené à partir du 13 septembre par le département bien-être animal de l'école supérieure Thomas More. Sur base de celui-ci, "un plan d'action complet sera mis en place", assure-t-elle enfin.

L'organisation de défense des animaux Animal Rights a dévoilé ce mardi matin des images qu'elle affirme avoir filmées en juillet dernier en caméra cachée à l'abattoir Verbist à Izegem.

Dans cette vidéo, qui fait également l'objet d'un article dans De Morgen et Het Laatste Nieuws ce mardi, des bovins sont suspendus et égorgés, suivant le procédé normal d'un abattoir, mais certains semblent encore partiellement ou totalement conscients au moment de l'égorgement, n'ayant pas été correctement étourdis selon l'organisation.

"Certains bovins terrifiés essayent de s'élever hors du box"

Selon Animal Rights, le montage vidéo est "un résumé des faits qui ont été observés à plusieurs reprises sur les 59 heures d'enregistrement". Les faits pointés sont divers, dont des signes de conscience dans le chef des bovins au moment de la saignée.

"Les images des bovins filmées dans le box d'étourdissement témoignent de réactions intenses de panique. Du box, les animaux ont vue sur l'abattage de leurs semblables. Ils perçoivent la façon dont ces derniers sont suspendus et égorgés. Certains bovins terrifiés essayent de s'élever hors du box", note l'organisation. Celle-ci relève aussi l'"utilisation routinière d'un taser" par un des travailleurs, sur les bovins dirigés vers le box d'étourdissement. "Il se sert à maintes reprises de l'appareil à chocs électriques sur les flancs et l'anus des animaux, ce qui est interdit par la loi."

La présidente d'Animal Rights, constituée en ASBL en Belgique en 2015 et également présente aux Pays-Bas, précise dans un communiqué envoyé mardi que son organisation va "déposer une plainte au service du Bien-être animal flamand" et "exiger la fermeture de l'abattoir d'Izegem." La société Verbist, contactée par De Morgen et Het Laatste Nieuws, y a réagi via son patron Louis Verbist, qui affirme que son abattoir fonctionne "dans les règles de l'art".

Après une visite de l'inspection flamande du bien-être animal ce mardi matin, le ministre flamand compétent Ben Weyts (N-VA) a finalement décidé de fermer l'abattoir Verbist d'Izegem.

Animal Rights avait indiqué plus tôt avoir demandé à un avocat, Anthony Godfroid, de déposer une plainte au service flamand du bien-être animal, accompagnée d'un montage vidéo de 90 minutes dans lequel les travailleurs, au contraire du clip rendu public, sont identifiables.

Delhaize arrête toute collaboration, Colruyt suspend ses commandes

La chaîne de supermarchés Delhaize a décidé, avec effet immédiat, d'arrêter sa collaboration avec l'abattoir d'Izegem (Flandre-Occidentale) suite à la vidéo dévoilée par Animal Rights montrant notamment des bovins recevoir des coups ou des chocs électriques.

Delhaize "ne tolère en rien les atteintes au bien-être des animaux", affirme l'enseigne ce mardi matin, précisant qu'elle augmenterait le nombre de contrôles des autres abattoirs avec lesquels elle travaille.

Quant à Colruyt, qui a visionné les images, le groupe a décidé de suspendre ses commandes et livraisons avec l'abattoir. "Le bien-être animal est primordial dans notre agenda. Nous supposons que toute la lumière sera rapidement faite sur cette affaire, et examinerons alors quelles mesures nous prendrons."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK