André Flahaut (PS): "On se fait encore remarquer dans le monde entier"

"La Belgique est le pays du surréalisme. Et je crois qu'avec la situation politique telle qu'elle a été provoquée par un parti du sud du pays, on a inventé l'hyper-surréalisme. L'ultra-surréalisme. On va se faire remarquer dans le monde entier. (…) on parle à nouveau de la Belgique comme d'un cas particulier de gestion politique."

En quelques mots sur La Première ce jeudi, André Flahaut (PS) résume sa pensée sur la crise politique francophone. Mais il reste optimiste: tout le monde va continuer à travailler. Du moins en ce qui concerne son équipe.

Le gouvernement de la Communauté française "doit fonctionner parce qu'il y a la rentrée scolaire, il y a le pacte d'excellence, il y a toute une série d'associations qui attendent des moyens pour continuer à servir le public". Et ce malgré cette "situation particulière déclenchée pour des raisons qui tiennent davantage du jeu particratique que du sens de l'État", commente le toujours ministre du Budget et de la Fonction publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Toujours ministre, mais, au fond, pour combien de temps ? "Il y a des situations plus agréables", reconnaît-il. Mais si la prise a été débranchée, "le gouvernement (de la FWB, ndlr) n'est pas démissionnaire", rappelle-t-il.

"Une opposition de maquis"

Reste que la Fédération Wallonie-Bruxelles est a priori en attente d'une nouvelle majorité, et risque bien d'être tiraillée entre Wallonie et Bruxelles si c'est une asymétrie qui finit par émerger. Mais, pour André Flahaut, "la question n'est pas de savoir si elle peut continuer… Elle le doit". Il ajoute : "Je suis confiant dans la capacité de travailler" avec le partenaire cdH "autour de la table, dans le sens de l'intérêt général".

André Flahaut veut d'ailleurs croire que ce souci de l'intérêt général animera aussi bien les humanistes que le MR, sans qu'ils n'entrent dans un jeu de "loyauté" entre les différents niveaux de pouvoir. Le cdH étant dans l'opposition au fédéral, alors qu'il est désormais partenaire des libéraux en Région wallonne.

Le socialiste prévient d'ailleurs: son parti, lui, jouera bien son rôle dans l'opposition en Wallonie. "Ce doit être une opposition, non pas revancharde, mais vigilante, peut-être de maquis aussi pour faire apparaître les faiblesses."

La nomination de Vincent Reuter, "une garantie pour le Plan Marshall"

Il se dit toutefois "rassuré" par l'accord MR-cdH qui reprend une série de chantiers et de réformes déjà enclenchées auparavant par la paire PS-cdH.

"Ça me rassure qu'on ne flanque pas tout par terre. Et le fait que M. Borsus engage M. Reuter de l'Union Wallonne des Entreprises pour piloter le Plan Marshall est finalement une garantie que ce Plan Marshall – mis en œuvre par les Marcourt, Di Rupo et tous les ministres wallons successifs, socialistes notamment – ne sera pas mis par terre."

Mais, il faut rendre aux socialistes, ce qui est aux socialistes, prévient André Flahaut. Il attend une forme "d'honnêteté intellectuelle et de respect de l'adversaire politique (…) de ne pas s'approprier l'idée d'un autre pour la mettre à son actif". Le ministre communautaire prend l'exemple des mesures de gouvernance : "Elles ont été préparées par les prédécesseurs", dit-il.

Theo Francken et ses projets "dangereux pour nos libertés individuelles"

En attendant plus de clarté dans les entités francophones, André Flahaut reste très critique à l'égard de la politique menée par le gouvernement fédéral. Dans son viseur ce jeudi: Theo Francken (N-VA).

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration "a déposé des projets au Parlement fédéral, ils sont passés en commission. Ces textes contiennent toute une série de dispositions qui sont dangereuses pour nos libertés individuelles et qui sont des dispositions ultra-droitières pour lutter contre les étrangers et contre les réfugiés".

"Peut-être que ça fait plaisir à l'opinion publique, mais, à certains moments, il faut oser aller à contre-courant aussi de cette opinion publique", martèle André Flahaut.

Le socialiste dénonce aussi le projet de recours aux intérimaires dans la fonction publique fédérale. "C'est la mise à mal du concept même de la fonction publique, ça ouvre la voie à sa privatisation. (…) Ça commence comme ça, et on ne sait pas où ça finit."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir