André Antoine: "Le costume du parlement wallon est trop étroit"

André Antoine veut plus de moyens pour permettre à son assemblée de remplir son nouveau rôle. En les reprenant par exemple au Sénat.
André Antoine veut plus de moyens pour permettre à son assemblée de remplir son nouveau rôle. En les reprenant par exemple au Sénat. - © BRUNO FAHY - BELGA

Le Parlement wallon est en pleine mutation. On sait qu'il va revoir son fonctionnement interne et qu'il va s’agrandir. Mais selon son président, il manque de moyens pour assumer son nouveau rôle.

"La taille du costume du parlement wallon n’est plus adaptée à son importance institutionnelle et budgétaire". André Antoine (cdH) veut littéralement incarner l’institution dont il tient la barre, et aujourd’hui il estime son costard étriqué, et il n'est pas question ici uniquement de l'exiguïté des locaux actuels et des projets immobiliers en cours.

Cette fois, le président du parlement régional évoque le personnel du greffe: une nonantaine d’agents en bord de Meuse, pour plus de 120 au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et plusieurs centaines au parlement fédéral. Anormal, selon lui.

Il rappelle aussi les nouvelles compétences à exercer suite à la 6e réforme de l’Etat, qui ont fait gonfler le budget régional à plus de 13 milliards d’euros.

Première revendication du locataire du perchoir wallon: des moyens d’analyse et de prospectives. "Dans les 6 réformes de l’Etat, nous n’avons jamais reçu une partie des moyens dévolus au Bureau du plan, au service d’études du ministère des finances, au comité de monitoring, à l’Institut des comptes nationaux ou à d’autres organismes", explique André Antoine. "J'estime que le transfert de compétences doit être accompagné du transfert de l’expertise, pour que demain en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre on puisse prendre les meilleures décisions préparées par des experts qui sont actuellement toujours logés auprès du gouvernement fédéral". Et André Antoine ponctue avec l’une des formules dont il raffole: "Aujourd’hui, en région, les briques s’accumulent, mais les joints manquent".

Dégraisser le Sénat pour aider les parlements régionaux

Outre des moyens techniques, le locataire du perchoir wallon revendique aussi davantage de moyens financiers. Et à ses yeux, le nouveau Sénat est peut-être un peu trop gâté. "Je ne tiendrai pas de propos hostiles au Sénat. Il est important comme point de convergence des niveaux régionaux", précise André Antoine. "Mais je constate d’une part qu’il dispose de moyens qui ne sont peut-être plus en adéquation avec sa nouvelle charge de travail, d’autre part que les parlements régionaux ont plus de responsabilités qu’hier sans enveloppe supplémentaire. C’est là où le bât blesse".

André Antoine souhaiterait-il en quelque sorte une "réforme de la réforme" du Sénat ? "Je ne suis pas pressé, mais je pose en tout cas la question car tôt ou tard elle nous reviendra, et cela pour un meilleur fonctionnement des entités régionales".

Le refrain est connu: plus de région, moins de fédéral. André Antoine le sait, il marche sur un fil d’équilibriste: défendre l'institution qu'il préside, sans donner l'impression de vouloir détricoter encore un peu plus la Belgique.

@RudyHermans

 

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