André Antoine: "Il y a un silence coupable des négociateurs nationaux du CETA"

André Antoine, président du parlement wallon
André Antoine, président du parlement wallon - © BRUNO FAHY - BELGA

Ces jeudi et vendredi, le parlement de Wallonie débat du CETA, l’accord de commerce entre l’Europe et le Canada. Les Wallons n’y sont pas favorables. Interrogé par la RTBF, le président de cette assemblée André Antoine (cdH) estime que "la Wallonie est pleinement légitime pour intervenir. C’est (le président de la Commission européenne) Jean-Claude Juncker qui a décidé qu’il s’agissait d’un traité mixte, autrement dit : tous les parlements nationaux doivent se prononcer. Et nous sommes, d’après la Constitution et le traité de Lisbonne, un parlement national. Nous devons donner notre avis : si nous disons non, le gouvernement fédéral ne pourra pas signer".

Le parlement wallon a déjà longuement instruit le dossier du CETA, "à charge et à décharge", rappelle André Antoine et a établi, le 27 avril dernier, la liste de ses objections pour "protéger les intérêts légitimes des PME, des agriculteurs et des travailleurs sociaux". Cette liste a été envoyée à l’Europe et au gouvernement fédéral. "Depuis lors, nous n’avons reçu aucun signe. Il y a un silence coupable dans le chef des négociateurs nationaux, de ceux qui représentent la Belgique, et donc aussi les Wallons, de ne pas avoir relayé nos préoccupations".

"Les multinationales s'interposent"

Quel peut être un effet du CETA sur la démocratie ? André Antoine répond par un exemple : "Auparavant, le gouvernement propose, les parlements disposent. Aujourd’hui, les multinationales s’interposent. Ce sont elles qui diront qu’une nouvelle réglementation heurtent leurs intérêts, qui demanderont d’indemniser leurs préjudices. Et, agissant ainsi, elles feront pression sur les normes que nous prenons".

"Si Jean-Claude Juncker voulait réconcilier les citoyens avec l’action de l’Union européenne, il aurait pu dire : ‘on abandonne le TTIP, personne n’en veut et nous savons qu’on ne le votera pas pour différentes raisons'. Il est encore plus toxique que le CETA. Monsieur Juncker est ami : qu’il entende les préoccupations du sud de la Belgique, comme il a entendu celles des Grecs, des Roumains, des Bulgares et de bien d’autres" demande André Antoine.

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