Rassemblement de centaines de personnes à Flagey et Anderlecht en plein déconfinement : "Cela met en danger les efforts fournis"

Environ 500 personnes se sont rassemblées samedi soir sur un terrain vague, rue Dante à Anderlecht, pour une fête interdire en temps de crise du coronavirus. A Ixelles, c'est à un concert improvisé que des centaines de personnes ont assisté. Sans distanciation sociale et sans masque. Des débordements récurrents ces derniers jours dans le quartier Flagey. La police de Bruxelles Capitale-Ixelles annonce qu'elle va renforcer son dispositif. Pieter De Crem, le ministre de l'Intérieur, appelle au "sens civique" de la population. 

Comme le montrent les images filmées par un internaute, des individus ont participé à une fête à Anderlecht, visiblement autour d'un grand feu. Une fête qui n'avait rien de discret puisque la musique retentissait dans tout le quartier. La police est arrivée sur place à 5h du matin.


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Selon la porte-parole de la police d'Anderlecht : "Les policiers ont fait le choix du dialogue". Ils ont demandé aux 500 personnes de quitter les lieux et de se disperser. Selon la police, les participants à la fête ont rapidement obtempéré et tout serait rentré dans l'ordre. "Il n'y a eu aucune interpellation et aucune amende n'a été dressée", indique la porte-parole de la police d'Anderlecht qui précise que c'est la première fois qu'un tel rassemblement est constaté dans la commune depuis le début de la crise Covid-19. 

"On était au courant depuis l’après-midi qu’il y avait une volonté de venir vers Anderlecht. Donc on suivait ça de près avec la police", explique le bourgmestre d'Anderlecht, Fabrice Cumps (PS). "C’est un rassemblement spontané qui n’avait pas été annoncé. On a décidé que c’était inapproprié d’utiliser la force pour disperser les gens". 

Manifestement, il y a une partie de la population qui se trouve totalement en décalage par rapport aux règles appliquées aujourd'hui

Un événement un peu similaire s'est produit à Ixelles, place Flagey, également dans la nuit de samedi à dimanche. Des centaines de personnes se sont retrouvées sur une place pour assister à un concert improvisé. La police a procédé de la même manière: disperser les personnes et leur rappeler l'intérêt du respect des règles destinées à maîtriser l'épidémie de Covid-19. Le port du masque n'y était pas non plus respecté. 

"Ni Flagey ni Ixelles ni toute autre commune ne peut accepter un tel non respect des règles de distanciation physique que celles connues cette nuit", a réagi sur Twitter le bourgmestre d'Ixelles Christos Doulkeridis (Ecolo). Interrogé par la RTBF, il estime que "manifestement, il y a une partie de la population qui se trouve totalement en décalage par rapport aux règles appliquées aujourd'hui et même qui les contestent. On les disperse mais ces personnes ne rentrent pas chez elle. Il faut une réflexion au niveau du CNS pour mieux expliquer les règles et qu'il faut continuer ces règles, alors il faut mieux communiquer ou revoir un certain nombre de dispositions sur ce qui est interdit."

Pour le bourgmestre, il faut donc agir à plus grande échelle. "Je doute de pouvoir avoir une solution qui ne soit que communale, parce que même si nous faisons le job de disperser les personnes avec la police, le résultat c'est un déplacement vers d'autres quartiers ou d'autres communes", note-t-il.

Appel à un sens civique absolu

Réagissant également sur Twitter, le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem, a appelé dimanche la population à faire preuve de civisme. Le ministre s'est concerté à ce sujet avec la Première ministre, Sophie Wilmès, et le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort.

"Tous sur la même ligne, de tels événements ne peuvent se produire pour le moment et mettent en danger les efforts importants fournis par la population. Appel à un sens civique absolu", a-t-il lancé sur Twitter.

Rappelons qu'en cette phase 3 de déconfinement, les citoyens ont la possibilité de revoir jusqu’à 10 personnes (en dehors du noyau familial); ces personnes pouvant changer chaque semaine. Un rassemblement de plusieurs centaines de personnes est donc largement supérieur à ce qui est autorisé. En cas de non-respect des règles de déconfinement, les amendes peuvent aller jusqu'à 250 euros et sont perçues par les communes. 

La police Bruxelles Capitale-Ixelles a d'ailleurs annoncé sur Twitter qu'elle renforcerait son dispositif, les débordements étant récurrents à Flagey ces derniers jours.

Inquiétude chez les virologues

Le virologue Marc Van Ranst a fait part de son mécontentement. "Cela dure depuis quelques jours déjà. En tant que policier, vous devez le savoir et essayer d'empêcher que tant de personnes s'y rassemblent. Alors agissez un peu plus tôt", recommande-t-il. "Vous pouvez rester là et empêcher ces gens de se réunir à 1500 ou plus. Cela doit sûrement fonctionner."  

Le virologue ne se montre pas non plus très compréhensif vis-à-vis des fêtards. "Où étaient ces gens, n'ont-ils rien retenu de ces derniers mois? ", s'est-il interrogé. "Nous avons encore plus de cas par jour que, par exemple, à Pékin, où les gens sont très inquiets et où de nouvelles mesures sont prises."

Même incompréhension du côté d'Yves Van Laethem, porte-parole francophone du centre interfédéral de crise covid-19. "Ce genre de manifestations va tout-à-fait à l'encontre du bien général de la population", regrette-t-il. Si cela venait à se multiplier, on risquerait d'aller vers une recrudescence de l'épidémie", affirme-t-il.

Le virologue Emmanuel André a lui aussi réagi via Twitter : 

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