An 2

C’est un des derniers enseignements du baromètre RTBF-La Libre-Dedicated : le gouvernement fédéral ne convainc pas en Wallonie. Et à court terme, le système politique belge étant ce qu’il est, trois des quatre partis de la majorité fédérale peuvent même s’en moquer comme de leur première promesse électorale !

Acquérir une légitimité

Le gouvernement Michel ne craint pas de prendre des mesures impopulaires : recul de l’âge de la pension et saut d’index sont largement rejetés. Ainsi 18% à peine des Wallons acceptent saut d’index (pour 29% des Flamands).

Seuls 16% des Wallons estiment également que le gouvernement fédéral "agit efficacement en concertation avec les gouvernements régionaux", alors que le MR est crédité de 25% des intentions de vote en Wallonie.

Pourtant, le futur débat sur le tax shift , le changement à opérer sur la fiscalité qui pèse sur le travail devra se faire en concertation aussi avec les Régions. En effet, les moyens budgétaires affectés aux Régions sont essentiellement calculés sur l’Impôt sur les Personnes Physiques (IPP) et diminuer celui-ci aura un impact direct sur les financements régionaux.

Comme l’analysait dans La Libre, le politologue de la KUL Bart Maddens, souvent présenté comme proche du mouvement nationaliste, jusqu’à présent les gouvernements régionaux comportaient toujours au moins un parti de la coalition fédérale. (…) Le débat sur le tax shift pourrait avoir des conséquences sur les finances des Régions. Si les partis ne sont pas les mêmes en Wallonie et à Bruxelles, comment va-t-on réussir ce débat ? (…) Cela pourrait être un gouvernement kamikaze pour la Belgique.

Paul Magnette comme Geert Bourgeois ont souhaité être associé à cette discussion sur le tax shift. Charles Michel entend se limiter à ce stade à une simple concertation.

La Belgique est une démocratie complexe ou plutôt une double démocratie où chacun n’est redevable que de son côté. Le gouvernement fédéral n’a pas le soutien arithmétique nécessaire dans une de ces " deux démocraties " pour légitimer ses choix.

Le futur débat sur le tax shift testera cette réalité. Le communautaire a beau ne pas être " officiellement " à l’agenda du gouvernement Michel, il est en fait bel et bien présent dans chaque débat, dans le choix de chaque option politique. Comme quand on prend une décision qui est plus populaire d’un côté que de l’autre. Et l’argument du je veux ménager l’avenir malgré les opinions défavorables finit lui aussi par avoir ses limites.

Le pari est risqué mais le Premier Ministre a aussi le temps pour lui.

 

Philippe Walkowiak

 

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