"Ambiance" entre Luc Coene (BNB) et André Flahaut

Des propos peu amènes ont été échangés par les deux hommes au sujet de la proposition de loi d'Etienne Schouppe
Des propos peu amènes ont été échangés par les deux hommes au sujet de la proposition de loi d'Etienne Schouppe - © Benoît Doppagne/Bruno Fahy

Les deux hommes se sont échangé des courriers fort peu aimables. En cause, une proposition de loi du sénateur CD&V Etienne Schouppe visant à introduire des critères qualitatifs de qualité de la vie dans la définition du Produit Intérieur Brut.

Lorsqu'elle sera adoptée par la Chambre, cette loi forcera la Banque Nationale à tenir compte de ces critères, ce à quoi s'oppose Luc Coene. Et il l'a écrit au Président de la Chambre, André Flahaut, en critiquant cette proposition de loi notamment parce qu'elle confie à l'Institut des comptes nationaux, qui dépend de la Banque Nationale, le calcul de ces indicateurs de développement humain, de progrès social ou encore de soutenabilité environnementale. Ils devront être intégrés au Rapport annuel de la Banque Nationale. Luc Coene demande le retrait d'une partie des dispositions.

À son tour André Flahaut a pris sa plume pour lui répondre : "Je lui ai écrit pour lui dire que je n'étais pas du tout d'accord avec son analyse et que je trouvais un peu 'cavalier' de la part du gouverneur de la Banque nationale de venir ainsi 'recommander à la chambre' d'adapter un texte au prétexte qu'il porte atteinte à l'autonomie de la Banque nationale. Ce texte ne porte en rien atteinte à son autonomie, mais une fois que le Parlement a décidé quelque chose, même la Banque nationale doit s'y soumettre, tout comme son gouverneur. Ce n'est pas la première fois qu'il fait des déclarations à l'intention du gouvernement - c'est son droit - ou du Parlement. Mais là je retiens que le Parlement est le premier pouvoir dans un pays."

Luc Coene, étiqueté Open-VLD s'était déjà heurté à une partie du monde politique au cours des derniers mois, à l'occasion de prises de position personnelles sur l'indexation automatique des salaires. Aujourd'hui, c'est donc le président de la Chambre qui est amené à lui rappeler les limites de sa très grande liberté d'expression.

Pierre Magos

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