Une Belge responsable d'un mouvement étudiant arrêtée au Nicaragua

Amaya Coppens, une étudiante belge de 23 ans, a été arrêtée au Nicaragua.
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Amaya Coppens, une étudiante belge de 23 ans, a été arrêtée au Nicaragua. - © photo facebook

Amaya Coppens, une Belge étudiante en médecine et dirigeante du mouvement "Movimiento Estudiantil 19 de Abril" de León (Nicaragua), a été arrêtée par la police lundi soir et emmenée vers la Direction de l'aide juridique à Managua. Un jeune homme a aussi été arrêté par les forces paramilitaires, rapporte mardi le journal local La Prensa.

Selon plusieurs dirigeants du mouvement, les jeunes ont été emmenés à la maison provinciale du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) à Leon, puis transférés à la Direction de l'aide juridique connu sous l'appellation "El chipote" à Managua.

Ses frères avaient déjà fui le Nicaragua

Amaya Eva Coppens, 23 ans, est née à Bruxelles et a grandi au Nicaragua avec toute sa famille. Il y a quelques semaines, ses deux frères ont fui le Nicaragua à cause de la situation politique et du niveau de sécurité qui s'étaient détériorés. Son père, Frédéric Coppens, de passage en Belgique et plus précisément à Louvain-la-Neuve, a été prévenu par son épouse, toujours au Nicaragua, de l'arrestation de leur fille.

Selon lui, Amaya a été arrêtée par un groupe paramilitaire alors qu'elle avait trouvé refuge dans une "maison de sécurité". Visiblement, elle se sentait traquée. Lundi soir, son père l'avait encore eu au téléphone, la suppliant d'arrêter la lutte étudiante.

M. Coppens a prévenu les Affaires étrangères de la situation.

Poursuivie pour terrorisme

Selon des informations de la police locale, relayées par le journal La Prensa, Amaya Coppens sera poursuivie pour "terrorisme, séquestration, incendie et autres délits". La police aurait aussi trouvé une arme à feu et des coupures de dollars.

La jeune Belge est la quatrième dirigeante d'un mouvement étudiant arrêtée par la police pour avoir protesté contre le régime de Daniel Ortega et avoir réclamé l'autonomie de l'université UNAN de Leon.

La contestation gronde depuis avril

La contestation gronde depuis plusieurs mois au Nicaragua. Dimanche dernier, des milliers de Nicaraguayens ont manifesté à Managua pour exiger la libération des "prisonniers politiques" et le départ du président Daniel Ortega, cible depuis avril d'un mouvement de protestation.

L'ancien guérillero Daniel Ortega, 72 ans, est accusé par ses opposants d'avoir mis en place une dictature marquée par la corruption et le népotisme avec son épouse et vice-présidente Rosario Murillo.

Des centaines de personnes ont été incarcérées et sont poursuivies pour s'être opposées au régime d'Ortega.

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