Amaya Coppens à sa sortie de prison: "Je suis encore plus sûre d'être du bon côté de l'Histoire"

Amaya Coppens est rentrée chez elle, à Estelì, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale nicaraguayenne. Elle a été accueillie par ses parents, des proches, des voisins, mais aussi par des inconnus, des Nicaraguayens solidaires de son combat. Nous l’avons contactée par Skype, elle a pris le temps de nous livrer ses premières impressions. "Je suis très heureuse. Ça n’a pas été facile d’être privée de liberté, mais avec les messages que les gens nous envoyaient tout le temps, du Nicaragua, de Belgique, des gens qui ont étudié avec moi, ça m’a vraiment donné de la force."

Sa détention n’a pas entamé sa détermination. Elle l’a même renforcée. "Nous n’avons commis aucun crime. Même si aujourd’hui, on est dehors, on sait que les choses ne sont pas normales. On pleure encore les gens qui sont morts, notamment en prison. On ne peut pas oublier cela, on va continuer à demander la justice. Cette détention va me donner encore plus de force, je suis encore plus sûre de la lutte que nous menons. On est du bon côté de l’Histoire, on va continuer à descendre dans la rue !"

Toujours aussi engagée

A des milliers de kilomètres de là, à Ottignies, Anita Coppens est penchée sur son téléphone connecté à Skype. Elle contemple sa petite-fille. Sur son petit écran, elle la voit en train d’être interviewée, en pleine rue, devant sa maison.

La libération de la belgo-nicaraguayenne Amaya Coppens était attendue depuis des mois par toute sa famille. Et notamment par sa grand-mère. Une grand-mère aujourd’hui soulagée, qui n’imaginait pas que sa détention allait durer aussi longtemps. "Cela fait 9 mois qu’on attendait, on se disait au départ que ça n’allait pas durer longtemps mais ça a duré. Il y a eu des périodes d’espoir mais qui sont tombées à l’eau. C’était éprouvant, vous savez, surtout pour ses parents, qui allaient la voir à la prison. Ils devaient lui apporter à manger toutes les semaines."

C’est ce week-end que les choses se sont accélérées, après plusieurs désillusions. "Ils ont annoncé la libération de beaucoup de prisonniers et on espérait à chaque fois qu’elle serait dedans. Mais elle a fini seule dans sa cellule, alors qu’au début ils étaient 14. Mais tout à coup, elle a été libérée de façon imprévisible."

A sa sortie de prison, la persévérance d' Amaya Coppens n’étonne pas sa grand-mère. "Elle a toujours été très engagée. C’était une leader dans son université, c’est à cause de cela qu’elle a été arrêtée aussi longtemps, et qu’elle a été libérée plus tard que les autres. C’est une forte personnalité. Je suis sûre qu’elle va continuer !"

Assignée à résidence

Si cette libération est une vraie joie pour la famille Coppens, elle reste méfiante. Car tout n’est pas effacé pour autant. Son père, Frédéric Coppens, qui l’attendait à la maison, en est bien conscient. "On n’a pas encore fait de plans pour la suite mais la lutte continue parce que jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’a vraiment été libéré. Elle est assignée à résidence. Elle ne peut pas sortir. Le compromis, c’était la libération définitive. Maintenant, il faut effacer son casier judiciaire mais ça, ce n’est pas fait. On ne lui a pas encore rendu toutes ses libertés civiques, comme le droit de manifester. Ce qu’on veut, c’est la justice et que ce qui s’est passé ne se répète pas. Nous demandons aussi des élections libres et surveillées internationalement."

Des revendications qu’ils continueront à porter, désormais tous réunis.

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