Allongement des études pour les instituteurs et les régents à la rentrée 2019

Depuis des années, le projet était évoqué. Désormais, un accord a été trouvé au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. A partir de la rentrée de septembre 2019, tous les étudiants qui voudront devenir instituteur ou régent, feront leurs études en quatre ans et plus en trois ans comme actuellement.

La formation se fera à la fois avec des cours en haute école et à l'université. "Le programme pour devenir instituteur ou régent est déjà lourd. Mais il y a aujourd'hui des exigences de la société qui sont devenues de plus en plus pointues. Et donc, une adaptation s'imposait", estime Denis Dufrane, directeur-président de la Haute école en Hainaut du réseau de la Communauté française.

Décloisonner l'enseignement 

Avec cette réforme, les futurs diplômés seront beaucoup moins cantonnés qu'aujourd'hui. Par exemple, un enseignant du maternel pourra aussi donner cours en primaire. Et un enseignant du primaire pourra professer dans le secondaire inférieur. Les étudiants pourront également suivre une 5ème année supplémentaire, mais non obligatoire. Ce qui correspondra alors à un master. Ce sera notamment possible pour les enseignants qui voudront travailler dans l'immersion linguistique. Autre conséquence, non négligeable, vu que la formation sera plus longue, le salaire des futurs diplômés sera plus élevé. Rien n'a encore été fixé. Cela résultera de négociations avec les syndicats. Mais ce salaire oscillera entre celui des instituteurs et régents actuels et celui des licenciés. Une évolution qui aura bien sûr des répercussions financières conséquentes pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Attirer les jeunes vers l'enseignement 

C'est l'un des objectifs avoués de cette réforme. Pour Joseph Thonon de la CGSP enseignement, "c'est un pas en avant indispensable pour la valorisation du métier d'enseignant". Un métier touché depuis de nombreuses années par des problèmes de pénurie dans les filières langue et scientifique principalement. Et pour Denis Dufrane, "c'est l'occasion d'aller chercher des jeunes qui depuis plus de dix ans, ont tourné le dos aux études d'enseignant et aller chercher du coup de nouveaux publics". Mais voilà, revers possible de la médaille, porter ces études de trois à quatre ans pourrait aussi décourager des jeunes tentés par le métier. Mais, en tout cas, les acteurs contactés aujourd'hui, disent la même chose, "la tâche sera lourde mais le pari était nécessaire".

 

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