"Allié de Macron", "penseur sans charisme": comment les journaux européens parlent de Charles Michel ?

Charles Michel vient de reprendre le flambeau de Donald Tusk à la présidence du Conseil européen ce vendredi. Après avoir géré le gouvernement belge, il devient le président européen pour au moins deux ans et demi. Les différents médias européens ont publié un portrait du prochain dirigeant européen, mais qu’ont-ils dit sur lui ?

La Croix : médiateur bruxellois par excellence

Le quotidien français de tendance chrétienne estime que Charles Michel a "la politique dans le sang". Selon La Croix, il devra se défaire de l’image "de l’homme parrainé par Emmanuel Macron et accepté par Angela Merkel" sans pour autant marcher sur leurs plates-bandes : "Le Belge devra en outre envoyer des signaux positifs envers les pays d’Europe centrale et orientale, mais aussi en direction du sud, où il n’a pas entretenu des liens aussi étroits qu’avec Paris et Berlin."

Le Point : l’allié de Macron aux commandes

L’hebdomadaire français Le Point souligne la difficulté des négociations budgétaires que le nouveau chef européen va devoir mener : "Charles Michel, un allié du président Macron au sein de la famille libérale européenne aura fort à faire pour améliorer la copie de départ." D’après l’hebdomadaire, il pourra éventuellement s’appuyer sur le Parlement européen, généralement plus généreux en matière budgétaire.

Le Temps : le nouvel homme pressé de l’Europe

Même si leur pays ne fait pas partie de l’Union européenne, les médias suisses s’intéressent aussi au nouveau venu au Conseil européen. Le quotidien suisse Le Temps trouve que l’ancien premier ministre n’est "pas forcément médiatique": "il a un parcours qualifié de fulgurant, mais un bilan mitigé aux affaires belges. Ancien premier ministre belge Charles Michel n’est pas de ces personnages qui créent l’adhésion automatique."

The Guardian : le détenteur de nombreux records politiques

Le quotidien britannique The Guardian dresse le portrait d’un homme "impliqué en politique depuis son adolescence": "Michel a battu de nombreux records politiques. Il a été le plus jeune ministre belge de l’histoire (24 ans) et le plus jeune premier ministre de l’histoire (38 ans) lorsqu’il a formé en 2014 une coalition de quatre partis dominée par des nationalistes flamands."

Frankfurter Allgemeine : le deuxième Belge au Conseil

En Allemagne, l’hebdomadaire Frankfurter Allgemeine estime que les Belges ont le profil adéquat pour occuper le poste de président du Conseil européen : "À Bruxelles, on entend souvent dire que les politiciens belges sont faits pour ça : quiconque est en mesure de trouver des compromis dans ce pays complexe divisé en groupes ethniques parviendra également à un consensus entre les chefs d’État et de gouvernement. C’est nécessaire parce que les décisions à ce niveau sont toujours prises à l’unanimité."

El País : le premier étudiant Erasmus

Pour le quotidien espagnol El País, Charles Michel n’a pas le profil type pour occuper la présidence du Conseil européen, "un poste qui semblait réservé aux hommes politiques presque en fin de carrière". Le média ajoute : "C’est aussi le premier étudiant Erasmus à atteindre le sommet d’une institution européenne." Il a d’ailleurs effectué sa première visite à l’étranger à l’université d’Amsterdam, lieu où il a effectué son échange étudiant en 1998.

NRC : le penseur stratège sans charisme

Le quotidien NRC s’est rendu à Wavre pour réaliser un reportage dans la ville dont Charles Michel a été le bourgmestre. Il a également interviewé Olivier Mouton qui a rédigé la biographie de l’ancien premier ministre "Charles Michel, le jeune premier": "Son prédécesseur belge Van Rompuy a été comparé à "une serpillière mouillée" dans les couloirs européens, et Michel manque aussi "à son grand regret", mais sa nouvelle fonction n’est pas non plus celle d’une personne charismatique." Selon le journaliste du Vif/L’Express, Charles Michel compense son manque de charisme par une vision stratégique.

Euractiv : Mister "Nice Guy"

Le média spécialisé sur les affaires européennes EurActiv avait fait un portrait de Charles Michel début juillet 2019 lors de l’annonce de sa désignation : "Mister Nice Guy sur la scène européenne – le Premier ministre belge sortant Charles Michel, désigné par les dirigeants de l’UE pour succéder à Donald Tusk à la tête du Conseil européen, pourrait s’avérer être un choix inattendu, mais approprié."

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