Alexander De Croo : "On veut aider mais Brussels Airlines devra rembourser sur base d’une activité rentable"

290 millions d’euros. C’est le montant que l’Etat belge a décidé d’octroyer à Brussels Airlines pour l’aider à se relever de cette crise économique, conséquence de la crise sanitaire. Un accord de principe entre Lufthansa et le gouvernement belge pour sauver Brussels Airlines mais aussi pour l’aider à se développer ensuite et à maintenir une activité importante à Bruxelles. Grâce à cet accord, d’importantes garanties ont été apportées, assure le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Alexander De Croo.

"On veut aider Brussels Airlines qui a fait beaucoup d’efforts et l’aider à se développer après la restructuration mais grâce à un prêt, on garantit que les moyens restent à Bruxelles et que Brussels Airlines ne va pas devenir une entreprise low cost. De plus, un hub a Bruxelles est désormais garanti donc les vols vers l’Afrique et les Etats-Unis sont garantis", lance le ministre.

En effet, la Belgique a conclu la semaine dernière un accord avec les autorités américaines autour d'un système destiné à faciliter les contrôles douaniers des voyageurs à destination des Etats-Unis. Trente douaniers américains opéreront dans ce cadre à l'aéroport de Bruxelles.

Un prêt et non des subsides

Si l’Etat belge a choisi d’aider Brussels Airlines à sortir la tête de l’eau, l’idée n’est pas de donner un chèque en blanc à l’entreprise. En effet, Brussels Airlines devra bien rembourser les 290 millions d’euros. D’ailleurs, pour le ministre, si d’autres pays, comme l’Autriche ont opté pour des subsides, pour Alexander De Croo ce n’est pas forcément une bonne idée, ici, "notre point de vue est d’aider pendant une période mais après le remboursement devra se faire sur base d’une activité rentable".

Certes, mais y compris avant la crise, Brussels Airlines n’était pas dans une bonne santé financière. Alexander De Croo explique que Brussels Airlines a développé un nouveau business plan "jusqu’en 2026 qui change leur modèle. C’est vrai que les efforts faits sur le volet social avec la suppression d’un quart des emplois, leur donnent les éléments pour pouvoir être rentable. Nous aurons également deux représentants dans le conseil d’administration qui seront les garants de l’application de ce business plan, base de ce financement".

D’ailleurs, Brussels Airlines fait face à un vaste plan de restructuration dans lequel près d’un quart des emplois devrait être supprimé.

Comment garantir alors que l’entreprise pourra rembourser ce prêt ? Alexander De Croo rappelle que "les actions de Brussels Airlines sont collatérales au prêt. Ainsi, si l’entreprise ne rembourse pas, l’Etat belge pourra saisir les actions".

Le problème qui pourrait alors se poser c’est que les actions d’une entreprise en faillite ne valent alors plus rien. Mais pour le ministre des Finances, l’investissement réalisé ici est assez sûr dans la mesure où l’aéroport de Bruxelles a un large potentiel, pas nécessairement exploité. Il estime, en effet, que des repreneurs seraient alors éventuellement intéressés.

Le potentiel de l’aéroport de Bruxelles

Ce prêt donc, devra à "développer le potentiel" qui n’avait jamais été déployé jusqu’alors, pointe le ministre ce mercredi matin. En effet, "Bruxelles a beaucoup d’atouts, c’est la capitale de l’Europe, c’est une capitale politique importante au niveau mondiale, on parle d’un 'catchment area', il y a des liens importants avec l’Afrique et puis un nouvel accord conclu avec les Etats-Unis pour rendre toutes les formalités beaucoup plus simples pour se rendre aux Etats-Unis".


►►► Lire aussi : "Brussels Airport a besoin de Brussels Airlines", insiste le patron de l'aéroport


Voilà pour la capitale. Mais concernant le secteur aérien en lui-même, les atouts sont également importants indique Alexander De Croo. Il considère que "la position de l’aéroport de Bruxelles est intéressante et en comparaison aux aéroports voisins, comme à Paris, Amsterdam ou Londres, n’est pas encore saturé". Et d’ajouter, " si pour l’instant la position est intéressante pour un groupe comme Lufthansa […] mais qui pourrait également intéresser quelqu’un d’autre et pourrait se dire pourquoi pas m’implanter à Bruxelles […] ça reste quelque chose d’important".

Une "aide d’Etat" ?

Ces 290 millions d’euros de prêts sont certainement une bouffée d’oxygène pour l’entreprise. Mais pour ses concurrents, à l’instar de Ryanair, c’est "une aide d’Etat". L’entreprise irlandaise a d’ailleurs décidé de porter l’affaire devant les tribunaux européens.

Pourtant, Alexander De Croo l’assure, "il y a eu beaucoup de discussion avec la Commission européenne qui a posé le cadre dans lequel ce financement peut se faire et donc je ne vois pas le problème". Et d’ajouter "c’est une aide d’Etat mais sous certaines conditions. C’est une aide d’Etat mais qui est autorisée".

De plus, le ministre insiste, "c’est prêt, on ne paye pas. Et si nous avons mis du temps à l’octroyer c’est parce qu’en Allemagne les discussions avec Luthansa ont pris du temps. Nous, on aurait pu faire un accord il y a trois mois. Il faut comprendre que du côté belge on va financer une entreprise seulement si on est sûr que la maison mère va survivre".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK