Alexander De Croo: "Nous réclamons à Israël des compensations pour les destructions"

Une enseignante palestinienne obligée de donner cours en plein air après la destruction de leur salle de classe par l'armée israélienne.
Une enseignante palestinienne obligée de donner cours en plein air après la destruction de leur salle de classe par l'armée israélienne. - © AHMAD GHARABLI - AFP

La Belgique et sept autres pays de l'Union européenne vont réclamer des compensations à Israël pour la destruction de projets humanitaires financés par des pays de l'Union européenne, dont la Belgique. 

Alexander De Croo (Open VLD), vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au Développement s'est expliqué sur le sujet dans Matin Première : "Souvent nous faisons des efforts, surtout dans l'enseignement pour construire des écoles pour les jeunes Palestiniens. Souvent, le fait de bâtir ces écoles est contesté par Israël qui détruit les investissements belges et européens. Jusque là, on avait toujours protesté par rapport à ça. Maintenant, avec sept autres pays européens, nous réclamons des compensations pour les destructions qui ont eu lieu"

Cette question est sur la table de l'Union européenne, confirme-t-il, alors que le Premier ministre israélien rencontre ce lundi à Bruxelles les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne

Une "stratégie" d'Israël pour se rapprocher de Jérusalem

"Ce qu'on voit, c'est qu'Israël essaie de mieux connecter la ville de Jérusalem avec les colonies aux alentours et essaie de casser les liens entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie", ajoute-t-il. 

Pour Alexander De Croo, "il y a clairement une stratégie derrière"

Mais il précise : "On est critique par rapport à Israël, par rapport aux destructions des écoles financées par la Belgique et l'Europe. D'un autre côté, la Belgique est aussi très critique par rapport à l'Autorité palestinienne quand, par exemple, on a vu qu'un moment donné une école, financée par la Belgique, avait reçu le nom d'un terroriste des années 70'. Là, clairement, on a été très direct aussi. On a dit qu'on n'allait plus financer ces écoles tant qu'ils ne changent pas ce nom"

Et de confirmer qu'il y a plus de 3 millions d'euros de projets  suspendus dans l'attente d'une réponse claire de l'autorité palestinienne. Réponse qu'il n'a toujours pas reçue pour l'instant. 

L'importance de l'enseignement pour les jeunes palestiniens

"Pour nous, il est important que les jeunes en Palestine aient accès à l'école. Quand on ne leur donne pas accès à l'école, je pense qu'ils sont très vulnérables pour les idées plus extrêmes et c'est clairement ce qu'on ne veut pas", affirme Alexander De Croo. 

"D'un autre côté, quand il y a des écoles, on veut que ce soit des écoles qui donnent un exemple d'ouverture d'esprit et pas les endoctriner avec des idées qui mèneraient à plus de violence dans le futur", précise-t-il. Répondant aux critiques sur ces investissements dans les territoires palestiniens, il rétorque que "l'Europe joue son rôle politique d'une manière nuancée. Et quand on le compare avec l'approche américaine qu'on a vu depuis quelques semaines, et bien oui, il y a une très grande différence"

Quant au fait que la Hongrie et la Tchéquie aient soutenu la position américaine, le vice-Premier ministre répond : "Je pense que la voix dominante de l'Europe est très claire. Nous cherchons à mettre les gens autour de la table et a trouver une solution négociée. Je pense que ce qu'on a vu la semaine passée, une sorte de décision unilatérale, c'est clair que cela ne va pas mener à plus de paix, cela ne va pas aider à redémarrer un processus de pourparlers autour de la table pour trouver la paix"

"Moi j'ai vu que l'Europe a été très claire en condamnant la décision du président américain, mais aussi en condamnant, par exemple, le fait qu'il y ait eu des tirs de roquettes. Mr Netanyahu essaie de faire une caricature de la position européenne, ce n'est pas le fait dans la réalité. Nous condamnons la violence et les décisions unilatérales des deux côtés", conclut-il. 

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