Alexander De Croo : "Les Belges ont fait des efforts incroyables mais maintenant, c'est presque une nouvelle pandémie"

"Cela fait maintenant un an qu’on a demandé énormément de choses aux gens et les Belges ont fait des efforts incroyables, on est parvenus à repousser cette troisième vague depuis novembre", a d’entrée salué le Premier ministre belge Alexander De Croo, sur le plateau du JT de la RTBF ce dimanche. Toute la journée, il s’est invité dans le salon des citoyens en jouant le jeu de l’interview dans plusieurs grands médias télévisuels belges. Peu bavard concernant les perspectives à envisager, il a assuré que les écoles rouvriraient à la fin des vacances de printemps.

Le libéral, qui a annoncé de nouvelles mesures destinées à enrayer la flambée de cas observée depuis plusieurs semaines dans notre pays à l’issue d’un comité de concertation convoqué en urgence ce 24 mars, est revenu sur la stratégie de son gouvernement dans la gestion de cette crise. "On est maintenant dans une autre situation, c’est presque une nouvelle pandémie. Le virus est devenu beaucoup plus virulent, se transmet beaucoup plus rapidement. On voit aussi qu’il y a beaucoup plus de jeunes qui sont dans nos hôpitaux et on doit casser cette troisième vague."

Outre la nécessité d’infléchir la courbe, le chef du gouvernement concède : ce qui est demandé à la population n’est "pas facile" et c'est d'ailleurs pour dénoncer des mesures "disproportionnées" que plusieurs centaines de personnes, mécontentes, se sont réunies à la Boverie sous le soleil dominical. D’autant que si les autorités avaient laissé entendre des perspectives aux Belges début mars en dévoilant un calendrier prévisionnel. Mais c’était sans compter sur l’augmentation de l’occupation des lits dans les services de soins intensifs du pays, qui ont déjà forcé notre gouvernement à revoir sa copie. Exit les belles promesses de "plan plein air" et de réouverture espérée de l’Horeca à l’horizon du 1er mai. Bien qu’elles soient encore là, elles exigent une condition semble-t-il difficile à remplir : "que les chiffres le permettent".


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Seule perspective encore évoquée en cette fin de week-end par celui qui occupe la tête du gouvernement depuis désormais six moi, la réouverture des écoles "après les vacances de Pâques". Oui mais voilà, celle-là n’était même pas évoquée dans le dit calendrier puisqu’à l’époque, les établissements scolaires étaient encore ouverts. "Je regarde surtout les données et c’est très clair, on ne laissera pas une activité fermée un jour de plus et il faut le faire en pleine sécurité", justifie toutefois le Premier ministre.

La vaccination comme seul espoir ?

Alors si espérer, les yeux rivés sur un calendrier sans cesse modifié ne nous redonne pas espoir, qu’est-ce qui peut le faire ? "Ce qui va nous aider c’est la vaccination et on va voir dans les prochaines semaines qu’il va y avoir une accélération des livraisons. On va avoir dans les trois mois qui viennent 7,4 millions de doses, ça nous aidera à mieux déconfiner", se réjouit Alexander De Croo.


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Mais une fois encore, difficile pour lui d’assurer que les livraisons seront effectuées en temps et en heure. "Je ne peux que promettre les vaccins qui seront livrés et on a vu qu’il y a beaucoup de volatilité là-dedans."

Des décisions si tôt approuvées, si tôt critiquées

Volatils, certains partis qui figurent parmi la majorité à la tête de la Belgique peuvent parfois aussi en avoir l’air. C’est le cas par exemple du MR, et de son président de parti, Georges-Louis Bouchez, qui avait évoqué un "triple échec" et qu’il était "regrettable que le fardeau pèse essentiellement sur la Belgique qui travaille".

Mais pour le Premier ministre, pas question de se laisser distraire par ce genre de sujets purement politiques qui n’ont selon lui pas leur place dans sa "gestion de la crise". "Je pense qu’il faut être à la hauteur du moment et comprendre qu’on doit prendre des décisions pour la santé des gens, explique-t-il. Dans cette gestion de crise, j’ai déjà tellement de choses à gérer, le gère la crise et ce n’est pas une gestion politique. C’est ma priorité. Ce qui se passe au niveau politique, j’ai peu de temps de le faire maintenant."

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