Alexander De Croo: "Le moment où on pourra déconfiner n'est plus très loin, on ne va pas garder cette situation un jour de trop"

"Il est temps d’apporter un peu de sérénité" disait ce lundi 22 février le Premier ministre (Open VLD) Alexander De Croo lors de la conférence presse qu'il a tenue aux côtés des deux porte-parole interfédéraux Covid-19 pour dévoiler les modèles d'évolution de l'épidémie sur le long terme.

"Ce message était destiné à tout le monde", a-t-il précisé ce mardi matin. Il reconnaît que la situation est difficile pour chacun et insiste sur l’importance de la transparence. La conférence de presse de lundi allait dans ce sens avec la volonté d’expliquer sur quelles données scientifiques se basent les décisions.

Mais surtout, des perspectives ont aussi été communiquées, "qui […] ne sont plus très loin. On voit vraiment à l’horizon le moment où on va pouvoir déconfiner et ce moment n’est plus très loin. Mais il faut un peu de prudence pendant les semaines qui viennent".


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Les images de ce week-end montrent à quel point la population en a assez de la situation actuelle. Alexander De Croo entend le message, dit-il. Ceci dit, le Premier ministre a rappelé qu’il n’est pas interdit de voir des proches à l’extérieur quand il fait beau. "D’ailleurs ce n’est même pas dangereux de le faire". Pour lui, le fait que les personnes sortent quand il fait beau est une bonne chose et il n’a pas perçu cela comme un message de ras-le-bol.

Mais le Premier ministre reconnaît que les mesures sont difficiles. Cela fait pratiquement un an que la Belgique est dans cette situation instable. "Et je veux être très clair… On ne va pas garder cette situation un jour de trop", a-t-il précisé ce matin sur les antennes de la Première. Il a rappelé que les perspectives données hier lors de la conférence de presse ne sont pas basées sur des opinions, mais sur des faits et sur la science : "et je pense que les citoyens sont assez adultes pour comprendre quels sont les arguments de base qu’on va utiliser pour prendre des décisions".

 

"Moi je pense qu’il faut donner confiance à la science"

Dans un moment d’incertitude, comme celui que nous vivons actuellement, le choix a été fait hier lors de la conférence de presse de donner la parole aux scientifiques. Cela alors que différents partenaires du gouvernement ont proposé des scénarios pour leurs secteurs. Pour Alexander De Croo tout cela est légitime, mais : "dans cette situation qui est instable pour l’instant… A qui est-ce qu’il faut donner confiance ? Moi je pense qu’il faut donner confiance à la science". Et l’analyse, selon le Premier ministre, montre que "l’horizon il est là". Cependant, cette analyse montre aussi que la prudence est de mise tout au long du mois de mars, mais cela ne veut pas dire : "que rien d’additionnel n’est possible en mars […] Et surtout l’analyse nous montre que pendant les mois d’avril et mai, clairement on pourra faire des pas significatifs en avant au niveau du confinement. Et cela, c’est la première fois que les scientifiques le disent".

Elargissement de la bulle sociale

Le parti Ecolo demande que la bulle sociale soit élargie. Rappelons que les mesures actuelles permettent d’accueillir une seule personne en plus dans un foyer. Alexander De Croo a tout d’abord précisé qu’il respecte encore cette mesure. Quant à l’interdiction des voyages non essentiels qui, selon Georges-Louis Bouchez, le président du MR, est d’actualité jusqu’au 1er mars. Sur ces deux points et sur la modification des mesures, cela devra se faire en concertation avec tous les gouvernements, a-t-il insisté.

La santé mentale

"Les messages d’alerte se multiplient", constate le Conseil Supérieur de la Santé (CSS). Les médecins généralistes ont le même message. Le gouvernement est conscient de cela depuis plusieurs mois et "on a investi au fédéral des centaines de millions additionnels dans le support mental. Je vois que les Régions et les Communautés le font", a d’abord expliqué le Premier ministre. Par ailleurs, il faut donner des perspectives : "une perspective qui est basée sur la science et basée sur des faits et pas une perspective qui serait basée sur des opinions…".

Le rapport du Conseil Supérieur de la Santé pointe le fait que la communication est parfois anxiogène, floue, voire de peur qui s’installe. La conférence de presse de ce lundi 22 février, avec des graphiques et des scénarios où on évoque le pire ne va-t-il pas alimenter ce sentiment ? Alexander De Croo a rappelé que la communication n’est pas seulement entre les mains du monde politique. "Si je regarde la presse pendant un mois, je pense que le politique fait 10% de la communication. Le reste ce sont les experts, des groupes de pression, etc. C’est une responsabilité que nous avons tous ensemble". Et il ajoute que ce qui a été montré hier ce sont les risques, mais aussi l’espoir. Et cela, c’est la première fois que ça arrive, dit-il. "La perspective on la donne. Elle est clairement là, en avril et en mai".

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