Alexander De Croo : "Il y a une bonne raison" d'attendre le 8 mai pour rouvrir les terrasses

Alexander De Croo (Open VLD) était l’invité de Jeudi en Prime ce 15 avril. Au lendemain d’un comité de concertation qui a confirmé l’ouverture des terrasses de cafés et restaurants le 8 mai, le Premier ministre a défendu cette décision. "Il y a une bonne raison de le faire le 8 mai [plutôt que le 1er mai], a-t-il entamé. La différence, c’est une semaine. Dans une période d’une semaine, c’est 500.000 personnes en plus qui seront immunisées."

Et parmi ces citoyens vaccinés, il y a "des personnes qui sont dans les groupes les plus vulnérables, au-delà de 65 ans, avec des comorbidités".

Pour Alexander De Croo, "on peut prendre cette décision parce qu’on a du sol stable sous les pieds, un fil conducteur, [à savoir] la campagne de vaccination. C’est elle qui nous autorise à regarder le futur et prendre des décisions".

Pas facile pour certains secteurs fermés depuis des mois d’entendre ce discours. A Liège, une cinquantaine de restaurateurs compte bien reprendre du service dès le 1er mai. Willy Demeyer, le bourgmestre de la ville, a d’ailleurs fait savoir que la police locale n’aura pas les moyens de sanctionner les contrevenants.

Le Première ministre compte-t-il agir dans un sens ou dans l’autre pour faire respecter les règles ? Il ne répond pas clairement sur ce point. "Ce qu’on fait, c’est qu’on trouve une solution ensemble", élude-t-il en espérant que "tout le monde va garder la tête froide".

"Ce virus accepte mal la discussion politique"

Tout juste tente-t-il des encouragements : "Sur une période d’un an, on a fait quelque chose d’incroyable. On a pu maîtriser une troisième vague, on a fait une action collective. Est-ce que pour une période d’attente de 8 jours on veut vraiment mettre en péril tout ça ?"

Alexander De Croo assure que le fédéral "travaillera avec les bourgmestres". Mais "quand le comité de concertation prend une décision, celle-ci doit être respectée".

Et prendre des décisions entre niveaux de pouvoir, ce n’est pas toujours simple. "Ce virus accepte mal la discussion politique, glisse le Premier ministre qui prône l’adaptation. "Quand la réalité change, il faut changer les plans."

Il répète alors une phrase déjà prononcée à plusieurs reprises ces dernières semaines : "On ne va pas laisser les mesures en place un jour de trop." Le Premier ministre affirme que la situation s’est améliorée sur le front des soins intensifs. Il n’empêche, le SPF Santé publique a indiqué ce jeudi que 96% des lits de soins intensifs agréés sont occupés en Belgique. "La situation est sous contrôle, […]. Ce qui est important c’est que ça n’a pas explosé, c’était le principal", fait-il valoir.

"Cet été sera beaucoup mieux que ce printemps"

Dans ce contexte, Alexander De Croo défend sa "stratégie de gestion de risque" qui vise à déterminer quelles activités peuvent ouvrir et comment faire en sorte de les garder ouvertes. Il rappelle au passage qu’un comité de concertation se penchera sur le cas des secteurs culturels et sportifs le vendredi 23 avril prochain.

En attendant, dès ce vendredi, les voyages non-essentiels ne sont plus interdits. Ils sont déconseillés, assortis de conditions telles que le testing et la quarantaine en fonction des destinations. De quoi susciter des espoirs pour cet été ? "Ça m’étonnerait que, cet été, ce ne soit pas possible de voyager de manière plus normalisée", avance le Premier ministre.

Il évoque alors le "green certificate" européen, sorte de passeport sanitaire pour qu’un citoyen puisse prouver qu’il a été vacciné ou qu’il s’est soumis récemment à un test de dépistage du Covid. Alexander De Croo en est convaincu : "Cet été sera beaucoup mieux que ce printemps."

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