Alda Greoli: "Le Belge francophone met toujours du temps à être fier de ses créations"

Ce matin, l'invitée de La Prem1ère était Alda Gréoli, ministre cdH de la Culture à la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Au lendemain de la clôture du festival de Cannes, Thomas Gadisseux est revenu sur la question de la visibilité et du financement du cinéma belge francophone, et de la culture en général.

A partir du moment où ça a marché à l’extérieur, on est fier de nous

Dans nos salles, seul 1% des parts de marché sont des films belges francophones. Un désamour qui ne se retrouve pas dans le nord du pays, plus friand des productions locales. Pour la vice-présidente de la FWB, "le Belge, et particulièrement le Belge francophone, met toujours un peu plus de temps à être fier de ses créations". Mais elle reste positive, invoquant un "renversement ces deux dernières années grâce entre autres aux investissements dans les séries, notamment la RTBF", qui a co-produit des séries télévisées comme la Trêve ou Ennemi Public, qui se sont exportées à l'étranger. "A partir du moment où ça a marché à l’extérieur, on est fier de nous. Quand on voit 'Les premiers les derniers', (de Bouli Lanners, ndlr) et 'L’économie du couple' (de Joachim Lafosse, ndlr) qui ont fait 200 000 entrées, c’est déjà pas mal", ajoute Alda Gréoli.

Une meilleure promotion

Pour donner un coup de pouce au secteur, la ministre insiste sur un point particulier de la réforme du décret sur les aides au cinéma : la promotion. "Comme on est un pays qui produit très peu par nous-même, on a une diversité des marchés qui est très grande. C'est un problème qui se retrouve dans d'autres secteurs, pas seulement celui du cinéma."

Et d'ajouter : "Ce qui se passe, dans notre pays, c’est que nos films restent très peu longtemps dans les salles. Alors que ce qui fait le mieux marcher les films, c’est le bouche-à-oreille. C’est pour cela que dans la réforme du décret, on a demandé, on exige qu’il y ait une plus longue diffusion. Parce que c’est ça qui permet vraiment de pénétrer le marché et qui permet aux francophones d’aller plus loin dans leur cinéma."

Et face à certaines critiques qui pointent ces subsides qui bénéficient au cinéma étranger, comme le tax-shelter qui permet une exonération fiscale importante, la vice-présidente argue qu' "il faut que les films soient tournés ici, ou en grande partie ici. Ce sont donc des techniciens d’ici, des coiffeurs d’ici, des restaurateurs d’ici, des hôteliers d’ici. Il y a donc un retour sur nos investissements. Et ce sont aussi les décors, les paysages de notre pays."

Mieux connaître ses créations culturelles, c'est aussi un des axes d'une nouvelle offre politique culturelle : "Bouger les lignes". Un projet lancé par Joëlle Milquet, et qu'Alda Gréoli s'apprête à ancrer dans la réalité. "Ce projet s'articule autour de trois axes : d’abord celui de la gouvernance. En termes de commission d’avis, de pouvoir justifier la manière dont un attribue les subsides, il y a des pas essentiels à faire. Ensuite, un aspect essentiel, celui de permettre et soutenir une réelle créativité, une réelle création. Et cela va en partie avec une politique d’emploi, et de qualité d’emploi, pour les artistes. Le troisième aspect, c’est celui de pouvoir promouvoir."

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