Alda Greoli (cdH) à Cédric Halin: "C'est à l'intérieur des formations politiques qu'on peut faire changer les choses"

Vice-présidente des Gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli (cdH) est ce samedi 23 décembre l’invitée du Grand Oral RTBF-Le Soir à 13h15 sur La Première. Elle réagit tout d’abord aux propos de Cédric Halin, échevin apparenté cdH à Olne, qui a révélé il y a un an le scandale des comités de secteurs de Publifin, critique à l’égard du parti humaniste.  

"Il faut d’abord commencer par remercier Cédric Halin", explique Alda Greoli. "Il a joué un rôle fondamental. Face à ce genre de situations, moi j’ai choisi de prendre mes responsabilités et d’avancer. Nous avons changé nos administrateurs qui siègent à titre gratuit. Et dans nos instances, ceux qui représentaient une politique qui n’a d’ailleurs jamais été le modèle que je défends, sont en dehors de la scène".

"Aujourd’hui, Cédric Halin prend ses distances par rapport aux partis politiques. En ce qui me concerne, j’estime encore que c’est à l’intérieur des formations que l’on peut faire changer les choses. Je préfère donc me battre dedans que d’être à l’extérieur", précise la ministre liégeoise.

La culture

Ministre de la culture à la Fédération Wallonie Bruxelles, Alda Greoli est aussi revenue sur l’attribution des contrats-programmes aux opérateurs culturels pour la période 2018-2022. "J’ai eu les fleurs et puis certains ont cru utile de m’envoyer quelques pots. Il y a des contents et des mécontents partout", précise-t-elle en défendant dossier par dossier, notamment ceux à Mons, Tournai ou Charleroi.

"A Liège, les acteurs ont eu ce qui leur revenait. Je n’ai pas essayé de protéger une ville dans laquelle je suis censée être le leader d’un parti", ajoute la ministre cdH.

Alda Greoli a aussi donné une série de précisions sur la procédure d’attribution de ces marchés: "Il n’y a jamais aucune attribution qui passe en gouvernement. J’ai pris mes responsabilités et ce faisant, je me suis exposée", explique-t-elle. "Je n’ai pas de problème avec ça car je peux mettre les dossiers sur la table".

Et concernant l’information des opérateurs ? "Les courriers qui annonçaient les choses étaient tous partis 48h avant la conférence de presse", précise la ministre en charge de la culture.

La rupture

Quelques mois après le 19 juin 2017 et la décision de Benoit Lutgen, le président du cdH, de rompre avec le PS, Alda Greoli commente sa situation à cheval dans deux gouvernements, avec des socialistes à la Fédération Wallonie-Bruxelles et avec des libéraux à la Région wallonne: "Dans les deux cas, je porte mes dossiers avec mes propres convictions. Je suis un cas unique dans l’histoire mais cela me permet d’être pleinement moi-même", répond la vice-présidente des deux gouvernements. Elle ajoute: "J’ai besoin d’un Etat fort, qui régule, mais pas d’une force politique qui vampirise l’Etat, ce qui est le cas d’une partie du PS. Je sens moins cela à la Fédération Wallonie-Bruxelles".

Les sondages

Et les intentions de vote en baisse pour le cdH ? "La manière dont certains ont utilisé le courage de Benoit Lutgen leur rapporte plus qu’au cdH", analyse Alda Greoli en citant Olivier Maingain, président de DéFI. "A partir du moment où certains ont des slogans faciles, et je pourrai aussi parler du PTB, et qu’ils vous jettent en trois mots quelque chose à la figure, ça passe plus facilement auprès des électeurs que ceux qui expliquent. On doit se tourner vers nous et notre capacité à prendre nos responsabilités et à faire passer nos convictions", conclut Alda Greoli à ce sujet.

La N-VA

Si elle gouverne avec les libéraux et les socialistes dans deux gouvernements différents, à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli a redit son opposition à toute alliance avec les nationalistes flamands de la N-VA. Elle a commenté les derniers faits relatifs au secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken, qui a présenté ses excuses au Premier ministre Charles Michel (MR) après ses déclarations dans l'affaire des rapatriés soudanais et qui a été convoqué en commission de l'Intérieur ce vendredi soir.

"C’est non seulement la ministre mais aussi la citoyenne qui réagit", dit Alda Greoli. "Je suis choquée. Je ne peux pas concevoir qu’un Etat renvoie dans leur pays des gens qui risquent la torture. C’est contraire aux accords internationaux et au respect de la personne. Je ne suis pas dans le gouvernement fédéral mais, en ce qui me concerne, je constate qu’un jour, Théo Francken dit quelque chose, qu’il dit autre chose le lendemain, qu’un jour, il s’excuse et qu’un autre jour, il désavoue son Premier ministre… Si j’étais dans ce gouvernement fédéral, je m’interrogerais sur sa présence dans ce gouvernement et sur sa ligne politique".

Démission ? "La citoyenne s’étonne de la présence de Théo Francken dans un gouvernement démocratique et trouverait plus normal qu'il n'y soit plus".

Liège 2018

A 10 mois des élections communales, Alda Greoli a enfin précisé le rôle qu’elle entendait jouer à Liège: "Je pousserai la liste et ce sera une liste cdH, renouvelée fortement. Ce qui est clair aujourd’hui, c’est que je serai ministre jusqu’à la fin des gouvernements en 2019".

 

L’interview d’Alda Greoli a été réalisée par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de la rédaction de La Première.

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