Alain Hubert accuse Elke Sleurs d'avoir menti et attaque l'Etat belge

Dans la polémique qui oppose depuis plusieurs mois Alain Hubert et l'administration de la politique scientifique (Belspo) autour de la station antarctique Princesse Elisabeth, l'explorateur a décidé de sortir de son mutisme.

Devant un parterre de journaliste, Alain Hubert n'a pas hésité à accuser la secrétaire d'Etat à la Politique scientifique, Elke Sleurs (N-VA), d'avoir menti afin de l'évincer de son poste au secrétariat général de la station polaire.

"La ministre Sleurs a trompé le conseil des ministres (...) nous avons d'ailleurs depuis lors rencontré des ministres qui se sont montrés surpris". Il en a également profité pour insister sur le fait que "la Fondation polaire internationale (IPF) est propriétaire de la station polaire princesse Elisabeth (...) et rien ne peut légalement nous empêcher d'y aller".

La Fondation polaire internationale introduit un référé contre l'Etat belge

La Fondation polaire internationale (IPF) et les représentants du secteur privé du secrétariat polaire ont donc décidé d'introduire une action en référé au tribunal de première instance de Bruxelles contre l'Etat belge à la suite de l'arrêté royal du 10 juillet. L'arrêté, publié au Moniteur le 13 août, réforme le Conseil stratégique du secrétariat polaire, en mettant fin au partenariat public-privé initial.

Un conflit d'intérêt dans le chef d'Alain Hubert, à la fois président de la fondation et du secrétariat polaire qui la finance, avait été invoqué pour expliquer ces nouvelles dispositions.

L'arrêté crée un nouveau Conseil stratégique composé de représentants du secteur public, "éjectant les représentants du privé". Un texte "illégal", selon Alain Hubert. L'IPF réclame que son application "soit écartée et ses effets suspendus jusqu'à la conclusion d'un nouveau protocole de partenariat entre les parties ou décision d'une juridiction de fond". Le référé vise aussi à contraindre l'Etat de mettre à disposition de l'IPF le budget "valablement voté" par le dernier Conseil stratégique de mars pour la campagne 2015-2016, qui doit débutera en novembre.

"L'Etat a rompu toutes les conventions passées avec l'IPF", qui est dès lors "redevenue pleine propriétaire de la station polaire Princess Elisabeth". "Rien ne nous empêche d'aller en Antarctique et nous devons nous y rendre", affirme le scientifique. "La base ne peut pas être abandonnée."

L'Etat de son côté se prépare également pour la campagne 2015-2016 en Antarctique. Concrètement, la Défense doit en assurer l'offre logistique. "L'Etat n'est pas en mesure de mener cette expédition", entre autres par manque d'expertise, martèle l'explorateur. De plus, "la Défense a d'énormes compétences mais n'a aucune expérience polaire (...) C'est suicidaire de la part du gouvernement de s'engager dans une mission comme celle-là et cela comporte un risque pour les scientifiques qui y participeraient", conclut M. Hubert. "Que l'Etat vienne, nous leur offrirons le thé, mais nous sommes persuadés que cela n'arrivera pas."

L'IPF réclame une nouvelle concertation avec le gouvernement. "C'est notre volonté première."

J'y suis, j'y reste

Ces déclarations arrivent alors qu'Alain Hubert a clairement marqué son intention de poursuivre la gestion des missions d'explorations dans la station Princesse Elisabeth, via donc la Fondation polaire internationale (IPF) qu'il préside. Et cela, malgré son éviction formelle du secrétariat de la station Princesse Elisabeth par l'administration de la politique scientifique (Belspo). 

"Suite aux récents développements de la politique scientifique belge, la station est désormais devenue une station de recherche internationale et ne sera plus associée à aucun pays", a indiqué l'IPF dans un e-mail adressé à des scientifiques qui doivent être hébergés à la station belge. Elle invite ses correspondants à s'enregistrer auprès d'elle en acquittant d'avance les frais de séjour".

Au cabinet de la secrétaire d'Etat à la Politique scientifique, Elke Sleurs (N-VA), on persiste à dire que c'est l'IPF est dans l'illégalité. "Ce que dit la Fondation n'est pas correct. La station polaire a été cédée à l'Etat belge qui en détient 999 millièmes. Même si symboliquement, l'IPF en détient toujours une part", précise le cabinet. Celui-ci ajoute que la position de l'IPF est contraire au droit international, puisque ce dernier n'autorise aucune activité privée en Antarctique.

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