Alain Destexhe accuse le président du MRAX de racisme: réactions

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Le sénateur MR Alain Destexhe a publiquement accusé vendredi le président du MRAX, Radouane Bouhlal, de tenir un discours raciste anti-blanc. Il demande aux pouvoirs subsidiants de stopper le financement de l'association qu'il juge communautariste et peu transparente.

Alain Destexhe a exigé vendredi, au cours d'une conférence de presse, un "stop au financement public des liaisons dangereuses de Radouane Bouhlal", estimant inacceptable que ce dernier ait fait du MRAX un mouvement "communautariste", qu'il s'entoure lui-même de personnalités faisant "l'apologie du Hamas" et qu'il se laisse à aller à des déclarations stigmatisant les "visages pâles". A cet égard, M. Destexhe n'y va pas par quatre chemins. "Je l'accuse de racisme", a-t-il indiqué.

Le parlementaire réformateur dit constater que le MRAX ou son président, qu'il estime avares en réactions lorsqu'il s'agit de condamner des actes antisémites, se confondent en considérations suspectes depuis 2005, s'en prenant tantôt au "privilège blanc", à une "clique d'universitaires blancs" ou aux "visages pâles".

M. Destexhe épingle par ailleurs l'entourage de M. Bouhlal, qui de l'ex-secrétaire générale du PTB Nadine Rosa-Rosso au professeur de l'UCL Jean Bricmont en passant par le cercle des étudiants arabo-européens de l'ULB, tiennent selon lui un discours par trop indulgent à l'égard du Hamas, le mouvement de résistance islamique palestinien.

Le MRAX, "un club d'autodéfense des musulmans"

Le sénateur de Communauté pointe également la composition du Bureau du MRAX, qu'il juge peu pluraliste, dont vient d'être démissionné Nordine Saïdi, membre du mouvement politique Egalité qui a affirmé comprendre les attentats suicides et s'est affiché auprès de l'humoriste Dieudonné. Il y reste Hamel Puissant, membre du parti trotskiste LCR, et outre M. Bouhlal lui-même, la trésorière Elisabeth Cohen dont M. Destexhe affirme qu'elle "semble peu intervenir dans la définition de la ligne idéologique du MRAX".

Financé par le fédéral, au travers des Assises de l'Interculturalité, la Communauté française et la Cocof, le MRAX est "devenu la chose de son président", un "club d'autodéfense des musulmans", s'insurge Alain Destexhe qui appelle à mettre fin à la subsidiation de l'association.

"Je lance un appel clair et solennel aux ministres Laanan, Milquet et Cerexhe. Il est temps de prendre vos responsabilités", a-t-il dit. "Au lieu de rassembler la société belge derrière la cause antiraciste, le MRAX est devenu un mouvement identitaire qui mène un combat de division de la société portant atteinte aux valeurs de la démocratie, tout cela avec de l'argent public", a-t-il indiqué.

Le cheval de bataille du MRAX est devenu la lutte contre l'islamophobie, "un concept qui n'existe pas, qui a été inventé par les mollahs iranien lors de la révolution", a souligné M. Destexhe. "Toute religion est critiquable, le racisme, c'est s'en prendre aux Arabes ou aux Juifs".

La ministre Fadila Laanan a demandé à l'administration de la Communauté française de mener une enquête après des interpellations faisant état de dysfonctionnements au sein de l'asbl. "Mais une enquête administrative ne suffira pas", a réagi vendredi M. Destexhe, choqué par la "minimisation" qu'a faite la ministre quant au discours tenu par un dirigeant du MRAX.

La ministre réagit
Fadila Laanan s'insurge contre ces "propos mensongers" tenus à son égard. "Le sénateur libéral ayant soit fait preuve d'une grande inattention lors de cette séance, soit sciemment décidé de travestir la réalité pour faire un coup médiatique", la ministre Fadila Laanan a indiqué dans son communiqué attendre de M. Destexhe "qu'il retire ses propos et qu'il donne à cette rétractation la même publicité qu'à ses accusations scandaleusement mensongères". 
Ceci "sans préjudice des éventuelles suites judiciaires que la ministre Fadila Laanan pourrait donner à ces propos déplacés pour un mandataire public, dont elle étudie l'opportunité".

Le président du MRAX veut déposer plainte

Le président du MRAX, Radouane Bouhlal, a indiqué vendredi avoir chargé son avocat de "considérer plus en profondeur" les propos "tout à fait abusifs et outranciers" tenus a son endroit par le sénateur de Communauté Alain Destexhe (MR) qui l'a accusé de tenir un discours raciste anti-blanc. Plainte sera "probablement" déposée "au pénal, pour calomnie et diffamation, et au civil, avec à la clé une demande en dommage et intérêts à verser au MRAX", a précisé M. Bouhlal.

"Je m'étonne et je m'insurge face à la réutilisation d'un discours né de l'ère Le Pen en France, et qui hormis au Vlaams Blok Belang, n'avait jamais été au devant de l'actualité politique en Belgique", a réagi vendredi M. Bouhlal. "L'intégration du lexique de l'extrême droite française dans le vocabulaire politique est une première chez nous. Je ne nie pas que les citoyens belgo-belges, blancs, ou je ne sais comment les appeler puissent être victimes de racisme. Mais dans le cas présent, on crée une opposition d'un camp contre l'autre", a-t-il précisé.

"Le MR est en train de régresser et de revenir aux pires années du libéralisme, celles de l'ère Gol et ses lois contre les étrangers. Louis Michel et dans sa foulée, Didier Reynders avaient réussi, avec beaucoup d'énergie à opérer un revirement mais, visiblement affaibli, M. Reynders est aujourd'hui dépassé par une dérive populiste, celle des nouveaux réactionnaires de droite", a commenté M. Bouhlal.

Belga

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