Ahmed Laaouej (PS): "Le projet de loi sur la dépénalisation de l'IVG est un vrai mensonge politique"

Le chef groupe socialiste dans l’opposition à la Chambre, Ahmed Laaouej,était l'invité de Matin Première ce jeudi.
Le chef groupe socialiste dans l’opposition à la Chambre, Ahmed Laaouej,était l'invité de Matin Première ce jeudi. - © RTBF

Le chef groupe socialiste dans l’opposition à la Chambre, Ahmed Laaouej,était l'invité de Matin Première ce jeudi. Il est revenu sur le projet de loi prévoyant une sortie l'interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal, mais aussi sur le projet de loi des 500€ défiscalisés.

"C’est un vrai mensonge politique!", dénonce Ahmed Laaouej au sujet de cet accord intervenu mardi au sein de la majorité permettant de sortir l'IVG du Code pénal. Selon lui, le texte du projet de loi (qui n'a pas encore été dévoilé publiquement) prévoit un maintien des sanctions pénales pour les femmes qui ne procéderaient pas à une IVG en-deçà du délai prévu légalement (douze semaines). C'est ce qu'aurait annoncé le CD&V. "Donc ce n’est pas une dépénalisation, c’est un vrai mensonge politique dans lequel le MR s’englue en essayant de nous faire croire que c’est une avancée pour le droit des femmes, fustige Ahmed Laaouej. Quand on veut dépénaliser quelque chose, on ne s’évertue pas à le repénaliser dans l’instant qui suit".

Une "prétendue dépénalisation"

Par ailleurs, même si les deux dossiers ne sont pas liés, le ministre de la Justice Koen Geens déposera rapidement un projet de loi permettant une reconnaissance symbolique du fœtus dans le cadre de ce que la majorité appelle les 'enfants nés sans vie'. Pour Ahmed Laaouej, il s'agit d'un marchandage politique où deux dossiers sont en fait liés. "Dans l’état actuel du droit, à partir du moment où vous avez un fœtus qui a au moins six moins, on peut lui donner une certaine forme de reconnaissance juridique, explique-t-il. Ce que veulent les porteurs de cette proposition, c’est d’abaisser ces six mois pour faire en sorte que les fœtus en général, lorsqu’ils sont morts nés, puissent recevoir un statut juridique. Le danger, on le voit en Pologne, c’est que par ce biais-là, on souhaite repénaliser les IVG, en ce compris celles qui se situeraient dans un délai tout à fait restreint".

D'après le socialiste, ce deuxième projet de loi viderait donc de sa substance la "prétendue dépénalisation de l'IVG". Il dénonce aussi le fait que l'accord ne prévoit pas un accompagnement de ces femmes.

C’est une attaque frontale contre le droit du travail

La Chambre devrait également approuver le projet de loi des 500€ défiscalisés, une mesure qui permettra à des travailleurs, des indépendants, des pensionnés d’effectuer des "activités utiles pour la société" avec 500€ par mois défiscalisés. Ahmed Laaouej parle d'une "attaque frontale contre le droit du travail". "On va mettre les travailleurs en concurrence les uns avec les autres, s'inquiète-t-il. Vous aurez d’un côté un plombier, un électricien qui payent leurs cotisations sociales, et d’un autre côté, un travailleur occasionnel qui dira 'Prenez moi, je suis moins cher' ".

Mais ce projet de loi vise également les clubs de sports ou les associations. "Mais à partir du moment où les choses se multiplieraient, vous êtes face à un phénomène qui devient structurel et important et qui a été condamné, rappelle le chef de groupe socialiste. Le patronat, les syndicats, ceux qui s’occupent du volontariat et du bénévolat,... Tout le monde voit bien que cela met à mal l’édifice sur lequel est construit notre sécurité sociale qui fait que tout salaire doit pouvoir contribuer socialement et fiscalement, et surtout d’éviter du dumping social à l’intérieur même du territoire". Selon Ahmed Laaouej, cela va mener à une précarisation du travail "à l’œuvre aujourd’hui dans le gouvernement Michel".

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