Ahmed Laaouej (PS): "Il n'y a plus de Premier ministre"

Ahmed Laaouej, chef de file PS au parlement fédéral, s'en prend vivement au Premier ministre et à la N-VA, dans l'affaire des Soudanais rapatriés. Alors que Theo Francken est sur le fil, en l'attente des résultats de l'enquête, qui devrait déterminer si les Soudanais rapatriés depuis la Belgique ont été torturés dans leur pays, son président Bart De Wever affirme haut et fort son soutien au secrétaire d'Etat à l'Asile. Ce dimanche, le président de la N-VA a déclaré que son parti quitterait le gouvernement si Theo Francken devait démissionner.

Charles Michel est à genoux

Une sortie du bourgmestre d'Anvers qui démontre l'emprise du parti nationaliste flamand sur le gouvernement fédéral, et spécialement Charles Michel. "Il n’y a plus de Premier ministre dans les faits. L’autorité de Charles Michel est complètement sapée par les sorties intempestives de Bart De Wever qui prend le gouvernement en otage, méprises les institutions démocratiques et n’attend pas les résultats d’une enquête, pourtant demandée par Charles Michel, pour faire la lumière sur l’affaire des Soudanais envoyés à la torture, alors que c’était la ligne du Premier."

"Quel camouflet, quelle humiliation pour Charles Michel, qui est aujourd’hui à genoux. Il doit rétablir son autorité, et la seule manière de le faire, c’est de dire qu’on ne peut pas mentir, ni à son Premier ministre, ni à son parlement."

Énonçant les différents "mensonges" de Theo Francken dans l'affaire (dont le fait qu'il n'était pas au courant des risques de torture au Soudan alors qu'une note du CGRA l'en informait) le socialiste ajoute : "Charles Michel est aujourd’hui, par sa passivité, complice des turpitudes de Theo Francken, en plus d’être humilié et d’affaiblir la position de Premier ministre et les institutions parlementaires." Et de continuer, sans surprise à demander la démission du secrétaire d'Etat N-VA. "Il y a longtemps que Mr Francken aurait dû faire ses valises."

A la question de savoir quelle serait la politique migratoire du PS s'il était au pouvoir, le chef de groupe PS répond simplement qu'il respecterait la loi, les traités internationaux, en profitant pour tacler la politique migratoire du gouvernement actuel, "régulièrement jugée illégale par le pouvoir judiciaire."

"Le gouvernement étend la zone de précarité salariale"

La deuxième phase du tax-shift est entrée en vigueur ce 1er janvier 2018, permettant une augmentation salariale. Une bonne nouvelle que le socialiste tempère. "On est face à un gouvernement qui fait une gestion budgétaire catastrophique."

"Ils sont en train de renvoyer la facture vers les générations futures, et pour le reste, la réforme de l'impôt des sociétés n'est pas financée si l'on prend en compte les remarques de la Cour des comptes." "Sur base des seuls chiffres de l'UE, il manque au minimum 2 milliards d'euros par rapport à ce que le gouvernement a annoncé."

Et de nier l'augmentation du pouvoir d'achat. "En réalité, quand on divise la masse salariale par le nombre d'employés, on a une évolution du salaire réel qui est moindre que dans les autres pays de l'UE" avance-t-il, en rappelant l'augmentation des taxes à la consommation et le saut d'index. "Clairement, ce qu'ils ont donné d'une main ils le reprennent de l'autre, et je rappelle qu'ils ont fait des coupes dans la fonction publique et la sécurité sociale. Qu'on ne nous dise pas que c'est un gouvernement qui travaille dans l'intérêt des citoyens, c'est tout le contraire."

Face aux chiffres de création du nombre d'emplois, plutôt positifs, qu'Ahmed Laaouej attribue plutôt à une conjoncture internationale positive qu'un effet de la politique fédérale, le chef de file donne sa version des données. "Pour 2016 et 2017, 12.500 emplois seulement ont été créés en raison du tax-shift. Pour une dépense de 4,4 milliards d'euros. Je vous laisse faire la division, ça fait très cher l'emploi [352.000 euros]."

Et de pointer la précarité de l'emploi en Belgique, en se basant sur des chiffres de l'ONSS : "Il y a plus d'emplois à temps partiel qui sont créés que de temps plein". "On est face à un gouvernement qui étend la zone de précarité salariale et du travail."

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