Ahmed Laaouej: "Le PS n’est pas un parti qui brade ses valeurs"

Au lendemain de la remise du rapport des préformateurs, le PS a-t-il définitivement tourné le dos à la N-VA ? "Nous resterons fidèles à nos principes, se justifiait Ahmed Laaouej, chef de file PS à la Chambre, après les déclarations de Paul Magnette lundi soir, selon qui les nationalistes n’étaient pas "incontournables". "Nous n’allons pas brader nos principes et aller se vautrer devant la N-VA comme Charles Michel", a ajouté Ahmed Laaouej. Le bourgmestre de Koekelberg n’est pas tendre avec l’ancien Premier ministre, à qui il reproche notamment une facture de 14 milliards d’euros et un recul sur les valeurs démocratiques.


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Aucun compromis ne serait possible entre socialistes et nationalistes ? "Ce que veut la N-VA, c’est le séparatisme, avec le confédéralisme comme véhicule", affirme Ahmed Laaouej. Une voie sur laquelle le PS ne veut pas s’engager : "Nous ne voulons pas d’une aventure institutionnelle, nous voulons l’unité du pays." Au-delà de la question identitaire, Ahmed Laaouej reproche aux nationalistes une politique économique et sociale trop éloignée des valeurs du PS, qui veut une "autre politique", faite de justice "sociale et fiscale". "La N-VA veut poursuivre sa politique d’austérité en continuant à couper dans les services publics et la sécurité sociale", accuse le député.

La N-VA n’est pas une fatalité en Belgique

Si les dés étaient pipés depuis le début, pourquoi avoir alors accepté de discuter ? "Nous avons joué le jeu, explique Ahmed Laaouej. Nous avons participé à toutes les réunions auxquelles nous étions convoqués, pour voir finalement que la N-VA reste dans son arrogance et son intransigeance." Tout en sachant pertinemment que cela ne fonctionnerait pas ? "Nous ne sommes pas là pour accéder au pouvoir pour le pouvoir, répond le député. Nous sommes là pour respecter les engagements pris vis-à-vis de la population." Des engagements qui concernent le respect des travailleurs, la sécurité sociale… et la justice fiscale. "Charles Michel inflige à la population un matraquage fiscal record de plus de 6 milliards d’euros !, s’indigne Ahmed Laaouej. Si c’est ce que veut la N-VA, elle le fera sans le PS."

Le PS veut-il alors une coalition arc-en-ciel ? Ahmed Laaouej ne l’affirme pas, mais il souhaite une "vraie politique de relance économique, qui soit socialement juste." Mais avec quels partis ? Selon le député, le problème vient du fait que les partis n’osent pas imaginer une coalition sans la N-VA. "Qu’ils arrêtent d’être scotchés à la N-VA pour se mettre autour de la table autour de l’unité du pays et une relance économique", affirme-t-il. Un message pour l’Open Vld et le CD&V ? "Il est peut-être temps pour eux de faire preuve de lucidité et de clairvoyance, estime Ahmed Laaouej. La N-VA n’est pas une fatalité en Belgique, et il est possible d’avoir une autre politique."


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Les informateurs ont-ils été trop optimistes ? Le Palais semblait lui-même surpris de la fin de la mission PS et N-VA ce lundi. "J’ai l’impression que certaines options ont été évacuées trop rapidement", admet Ahmed Laaouej, qui pointe également du doigt les provocations de Theo Francken sur une coalition PS-N-VA. Et si l’impasse durait, est-ce que les socialistes assumeraient de voter à nouveau ? Pour Ahmed Laaouej, "l’option des élections n’est pas impossible, mais pas souhaitable".

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RTBF
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