Agriculture wallonne: y a-t-il un "système cdH" en province de Luxembourg?

René Collin (ministre de l'Agriculture) et Benoit Lutgen (bourgmestre de Bastogne.
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René Collin (ministre de l'Agriculture) et Benoit Lutgen (bourgmestre de Bastogne. - © Belga

En marge du scandale alimentaire à l'abattoir Veviba à Bastogne, une question se pose : peut-on parler d'un "système cdH" en province de Luxembourg ?

La députée wallonne Hélène Ryckmans (Ecolo) dénonce dans les colonnes de l'Avenir ce "système cdH" passant par Bastogne et l'administration wallonne de l'Agriculture, en lien avec l'entreprise Verbist impliquée dans une vaste fraude présumée à la réglementation sanitaire.

Selon des documents que nous avons pu consulter (à retrouver ci-dessous), en mai 2017, le président du cdH Benoît Lutgen, par ailleurs bourgmestre de Bastogne, écrit au ministre de l'Agriculture René Collin (cdH). Après une rencontre avec Verbist et le chef de cabinet du ministre, il demande à René Collin de financer une "étude de préfaisabilité, estimée à 50.000 euros" d'un "centre d'excellence de la viande au sein de l'ancien marché couvert de Bastogne".

Le 9 juin, réponse favorable du chef de cabinet du ministre Collin. "Ces demandes de subsides entre copains, c'est juste hallucinant, surtout quand on sait que le cdH, quelques jours plus tard, allait faire tomber le gouvernement sur des questions de gouvernance", épingle Hélène Ryckmans.

Le 18 septembre 2017, l'administration contacte l'échevin de l'Agriculture de Bastogne en lui demandant les détails sur le projet dont il faut "étudier la préfaisabilité".

Parlant sur La Première de "désinformation totale" ou de "malhonnêteté intellectuelle", le ministre de l'Agriculture René Collin (cdH) a réfuté ces accusations, y voyant la marque d'un "populisme de bas étage".

Le ministre parle d'une initiative au service de l'intérêt général

René Collin replace dans leur contexte les faits dénoncés par Ecolo. Il rappelle que le cdH n'a jamais eu la tutelle sur l'Afsca. Il souligne que la problématique que soulève le scandale Veviba est d'ordre sanitaire. Selon lui, l'ensemble des ministres cdH qui se sont sont succédé au département wallon, Benoît Lutgen, Carlo Di Antonio et lui-même, ont veillé à développer une agriculture sans OGM, biologique, avec des circuits courts, des halls relais...

La ville de Bastogne est copropriétaire (avec la Région wallonne à travers la Sogepa, et avec l'intercommunale Idelux) du site Veviba octroyé en concession à Verbist. Elle s'est rendue compte que le secteur de la viande souffrait d'un problème d'image et qu'il y avait des difficultés de recrutement. Alors qu'il y avait un marché couvert disponible, elle a envisagé la possibilité d'y installer un "centre d'interprétation", explique René Collin, alors qu'il existe d'autres centres de valorisation à Wavre et Ciney.

Il s'agissait donc d'une initiative au service de l'intérêt général et non pas au profit d'une entreprise en particulier, estime-t-il, soulignant qu'au final, le projet n'a pas vu le jour et l'argent n'a pas été dépensé.

Le débat se poursuivra mardi en commission du parlement wallon.

La réaction d'Hélène Ryckmans (Ecolo) au micro de la RTBF

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